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comme celle qui précéda le décemvirat; le siège de Yeles dure aussi dix ans, comme celui de Troie , d'Ithome et de Tyr ; c'est une locution ordinaire dans l'antiquité. Pendant la moitié de ce temps, les tribuns s'opposèrent à toute élection , et Rome resta cinq ans sans magistrats. Les plébéiens l'emportèrent enfin (567), et obtinrent ensuite avec moins de peine (de 557 à 552) la dictature, l'édilité , la censure enfin , ce dernier asile de la puissance aristocratique.
Le peuple poursuivit ainsi sa victoire sur les patriciens pendant tout le siècle qui suivit le décemvirat (450-550). A mesure que la guerre intérieure devenait moins violente , les guerres extérieures étaient plus heureuses. Rien d'étonnant si le peuple, vainqueur de l'aristocratie romaine, tournait ses armes de préférence contre le peuple aristocratique entre tous , contre les Étrusques. En même temps qu'il poursuivait avec des succès divers l'éternelle guerre des Yolsci-Equi, il avançait du c6té de l'Etrurie, et commençait à marquer chaque victoire par une conquête. 11 triompha des villes sacrées de Tarquinies et de Vulsinies ', de celle de Capène , et s'empara de Fidène (455) , et de la grande Yeles (405) qui entraîna Paieries dans sa ruine.
Yeîes ne fut point soutenue des autres cités étrusques , alors menacées d'une invasion de Gaulois. D'ailleurs les Yeïens s'étaient donné un roi au lieu d'un magistrat annuel, et un roi odieux aux autres cités. Ce lucumon , irrité de n'avoir pas été nommé chef suprême de la confédération, avait ameuté les artisans qui étaient dans sa clientèle , et interrompu violemment les jeux sacrés de Yulsinies. Ce fait indique probablement une rivalité entre la riche ville des artisans, et la ville sainte des prêtres *,
En partant pour le siège de Yeles , les chevaliers romains jurent de ne revenir que vainqueurs. C'est
chèrent sur ces lits les statues d^Apollon , de Latone, de Diane , d*Hercule , de Mercure et de Neptune , et pendant huit jours on leur servit des festins propitiatoires. Les mêmes cérémonies furent répétées dans les maisons particulières. On rapporte que dans toute la ville les portes des maisons restèrent constamment ouvertes ; des tables furent dressées en public , et ouvertes à tout venant. Tous les étrangers, sans distinction, ceux que Ton connaissait le moins, furent admis i rhospitalité ; on s^entretenait même amicalement avec ses plus mortels ennemis ; toutes les querelles , tous les procès furent suspendus ; on alla même jusqu*à relâcher les captifs pendant tout le temps que durèrent ces fêtes, et depuis on se fit un scrupule d'emprisonner de nouveau ceux qiti»' avaient ainsi obtenu des dieux leur délivrance. « ^ 4 Sur le caractèr^saèré deYQbinies,My.MûUer,pa««.
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le serment des Spartiates en partant pour Ithome. A rapproche de Tarmée romaine, lesYeîens sortent aTec un appareil funéraire et des torches ardentes. De tous les autres incidents du siège , nous en citerons un seul qui prouve dans quelle dépendance se trouvaient les Romains, sous le rapport de la religion, à l'égard de ces mêmes Étrusques auxquels ils faisaient la guerre ^
Veles fut prise par une mine, les assiégeants qui y étaient cachés surprirent la réponse d'un oracle que les Étrusques consultaient dans la citadelle ; ils rapportèrent ces paroles à Camille, leur général, et la ville ainsi trahie par ses dieux tomba au pouvoir des Romains.
< Tit.-Liv., y, c. 15 : « Vers ce temps on donna avis de différents prodiges ; mais comme la plupart n*avaient qtt*un seul garant qui les attestât , ils obtinrent peu de créance ; et Ton s*en occupa d*autant moins qu*étant en guerre avec les Étrusques, nous n^avions point d'haruspices pour en faire Texplication. Un seul pourtant attira Tattention générale : ce fut la crue subit r et extraordinaire d*un lac dans la forêt d^Albe , sans qu*il fût tombé de pluie, et sans qu*on pût l'expliquer par aucune cause naturelle. Le sénat, inquiet de ce que pouvait présager un tel phénomène, envoya consulter Toracle de Delphes. Mais il se trouva plus près de nous un interprète que nous ménagèrent les destins. C'était un vieillard de Yeîes, qui, au milieu des railleries que les sentinelles étrusques et romaines se renvoyaient les unes aux autres, prenant tout à coup le ton de l'inspiration , s'écria que les Romains ne prendraient Yeîes , que lorsque les eaux du lac d'Albe seraient entièrement épuisées. Ce mot , jeté comme au hasard, fut d'abord à peine remarqué. Dans la suite il devint Tobjet de toutes les conversations. Enfin un soldat romain se trouvant aux postes avancés, s'adressa à la sentinelle ennemie qui était le plus près. Car depuis le temps que durait la guerre , il s'était établi entre les deux partis comme une liaison d'entretiens journaliers. Il lui demanda quel était cet homme à qui il était échappé quelques mots mystérieux sur le lac d'Albe. Quand il sut que c'était un haruspice, le soldat, naturellement superstitieux , prétexta de vouloir consulter le devin, si cela était possible, sur l'explication d'un prodige qui l'intéressait personnellement, et il le fit consentir à une entrevue. Le Romain était sans armes; l'autre ne fit aucune difficulté de s'écarter à une certaine distance. Alors le jeune homme , plein de vigueur, saisit au corps le débile vieillard , et l'enleva à la vue des Étrusques. Us eurent beau donner l'alarme , il parvint à le traîner dans le camp , d'où le général le fit passer à Rome. Interrogé par le sénat sur sa prédiction au sujet <lil lac d'Albe , il répondit qu'il fallait sans doérte'que .lesf dieux fussent courroucés contre les Yeïéns, 'lé joiif qu'ils lui avaient mis dans l'esprit de réyékr le secfrèt' auquel étaient attachées les destinées de son pays ; mais qu'il ne pouvait phis revenir sur ce qui lui était éohappé dans un moment où il avait obéi
L'espoir d'une proie si riche avait encouragé le sénat à donner pour la première fois une solde aux légions. Dès lors la guerre nourrit la guerre ; elle put se prolonger sans égard aux saisons et s'étendre loin de Rome.
Paieries tomba bientôt au pouvoir des Romains* Yulsinies , dont la rivalité avait peut-être causé la ruine de Yeîes, fut vaincue à son tour. Les Romains semblaient prêts à conquérir toute l'Élrurie. Elle fut sauvée par les Gaulois qu'elleavait tant redoutés.
Nous savons que dans les temps qui suivirent, la riche et pacifique Étrurie payait souvent les Gaulois pour combattre Rome. Tout porte à croire qu'il en fut ainsi dès cette époque. L'Étrurie péris-
â l'inspiration du ciel, et que peut-être le crime ne serait pas moindre i taire ce que les dieux voulaient qu'on divulguât, qu'à divulguer ce qu'ils voudraient tenir secret. Qu'ainsi donc , les livres prophétiques, et l'art de la divination des Étrusques , leur avaient appris que le moment où le lac d'Albe serait prodigieuae* ment grossi , et où les Romains parviendraient à le dessécher entièrement de la manière prescrite , serait le moment fatal marqué pour la destruction de sa ville; qu'autrement Yeïes ne serait jamais abandonnée par ses dieux. Il indiqua ensuite la manière dont le dessèchement devait s'opérer. Hais le sénat ne croyant pas le garant assez sûr pour une entreprise de cette importance, résolut d'attendre le retour des députés qui devaient apporter la réponse de l'oracle... »
«... Et déjà les Romains , ne comptant plus sur les forces humaines, attendaient tout leur succès des destins et des dieux , lorsque les députés arrivèrent avec la réponse de Toracle, parfaitement conforme à celle du devin qu'on tenait prisonnier; elle était conçue en ces termes : « Romain, garde-toi de retenir l'eau du lac dans son lit ; garde-toi aussi de lui laisser prendre son cours naturel vers la mer. Tu la distribueras dans tes champs pour les arroser; et tu la disperseras dans mille ruisseaux où elle ira se perdre tout entière. Alors ne crains pas d'escalader les remparts ennemis; et songe que , de ce moment , la ville que tu assièges depuis tant d'années, t'est livrée par les destins , si tu te conformes aux lois qu'ils t'ont prescrites. Ne manque pas, après ta victoire, de faire porter dans mon temple de riches présents. Tu n'oublieras pas non plus de recommencer quelques sacrifices de ton pays où tu as omis des cérémonies essentielles , et de t'y astreindre aux pratiques usitées de tout temps.
» On conçut alors une haute vénération pour l'haruspice toscan ; et les tribuns militaires Cornélius et Posthumius lui confièrent la direction des travaux du lac et de toutes les cérémonies expiatoires. Quant au reproche que faisaient les dieux d'avoir négligé le culte et interrompu des pratiques consacrées par le temps, on trouva enfin qu'il ne pouvait y avoir autre chose qu'une irrégularité survenue dans la dernière élection, laquelle avait pu influer sur la pureté des sacrifices du mont Albain, et sur la solennité des fêtes latines. »
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sait entre les Gaulois et les Romains qui la menaçaient également. Il est probable qu'elle paya les Barbares et détourna le torrent sur Rome. C'était une occaiian précieuse de terminer d*un coup les éternels ravages aui^quels étaient soumis les voisins de Rome , et de détruire les uns par les autres les brigands du midi et du nord, Romains et Gaulois.
Ce qui appuie cette opinion , c'est qu'en Élrurie les Gaulois n'attaquèrent que les villes alliées de Rome, Clusium et Géré, que les autres Étrusques joignirent leurs armes à celles des Barbares et furent défaits avec eux.
Les Gaulois avaient depuis deux siècles renversé la domination des Étrusques dans le nord de l'Italie. Les Insubriens y avaient fondé Mediolanum (Milan), les Cénomans Brixia et Vérone ; les Bolens avaient occupé Bononia , ou Bologne ; les Sénonais s'avançaient vers le midi. Selon la tradition, ils marchèrent sur Rome pour venger une violation du droit des gens ; les Fabius , envoyés par le sénat pour intercéder auprès des Barbares en faveur de Clusium , avaient combattu au Heu de négocier. Les Romains , frappés d'une terreur panique à la vue de leurs sauvages ennemis , furent dispersés à Allia , et se réfbgièrent à Géré et à Veîes. Quelques patriciens s'enfermèrent au Gapitole , et la ville fut brûlée (588). Selon Tite-Live, ils furent glorieusement délivrés par une victoire de Camille qui fit retomber sur eux le mot du brenn (ou chef) gaulois : Malheur aux vaincus. Selon Polybe, ils payèrent une rançon ; le témoignage de ce grave historien est confirmé par celui de Suétone, d'après lequel, bien des siècles après, Drusus retrouva et reconquit chez les Gaulois la rançon de Rome. Il est évident, d'ailleurs , que les Gaulois ne furent de longtemps chassés du pays. Tite-Live lui-même nous les mon-
< Le sénat se contenta d*y envoyer une petite colonie : sans doute, la position de Veïes était préférable h celle de Rome : mais si Rome eût quitté son territoire, elle eût été absorbée par la civilisation étrusque. Il en fot ainsi des Gotbs dans Pempire romain, des Tartares à la Chine.
La ruine des Falisques saivit celle de Veïes. L*bistoire du maître d^école qui livre ses élèves à Camille , est empreinte d^un caractère grec , qui la rend fort suspecte. Il est, d'ailleurs, peu vraisemblable qu>n temps de guerre , on ait laissé sortir les enfants de la ▼ille. La romanesque modération du Romain a bien Valr d*une fiction flatteuse des historiens grecs de Rome.
Derrière Paieries se trouvait la grande ville de Vulsinii. Les Yulsiniens combattirent Rome, et obtinrent ane trêve de trente ans : ce fut vers cette époque que les Gaulois marchèrent contre Clusium , Céré et Rome. Un plébéien, M. iEditius, annonça aux tribuns qu'il avait entendu une voix surhumaine qui lui ordonnait
tre toujours campés à Tibur, qu'il appelle arcem Galltct belli. Les Yolsqnes, les Èques, les Étrusques, qui tous avaient repris les armescontre Rome, trouvaient dans les Gaulois des alliés naturels ; ou du moins , tous ces peuples, trop occupés de leurs guerres , ne pouvaient empêcher les Barbares de pénétrer dans leur pays. La guerre des Gaulois dure quarante ans, et elle ne se termine (vers 550) qu'à l'époque où l'épuisement des Étrusques , des Volsci-Equi et de tous les peuples Latins , les replace sous l'alliance de la grande cité qu'ils avaient espéré détruire.
Cette époque , peu glorieuse pour les Romains , avait grand besoin d'être ornée par la poésie. Du moins les embellissements romanesques n'ont pas manqué. Pendant le siège du Gapitole , un Fabius traverse le camp des Barbares pour accomplir un sacrifice sur le mont Quirinal. Pontius Cominius se dévoue pour porter à Camille le décret qui le nomme dictateur. Manlius précipite les Gaulois qui escaladaient le Gapitole. Puis viennent un grand nombre de combats homériques , comme sous les murs de Troie. Un autre Hanlius gagne sur un géant gaulois un collier ( iorquis) et le surnom de Torquatus. Valérius est protégé contre son barbare adversaire par un corbeau divin , etc.
Après l'incendie de leur ville , les Romains voulaient s'établir à Vefes *. L'opposition du sénat ne pouvait retenir le peuple. Les dieux intervinrent. Comme on délibérait dans le sénat, on entendit sur la place un centurion dire au porte-étendard : Reste ici, c'est ici qu'il faut s'arrêter. Cette parole inspirée du ciel retint le peuple sur les ruines de sa patrie. Mais on rebâtit à la hâte , et sans observer les anciens alignements. Au lieu de la cité mesurée par le lituus étrusque à l'image de la cité céleste , s'éleva
d'annoncer aux magistrats rapproche des Gaulois. Cette histoire nous semblerait fort obscure, si Tite-Live, liv. VU, ne nous apprenait que Taristocratie romaine était intervenue dans les affaires de Yulsinii. Dans cette ville étrusque, les clients s^étaient insurgés contre leurs patrons , et 6*élaient rendus maitres de la ville. L^aristocratie romaine vint au secours de Taristocratie de Yulsinii, et elle assura son triomphe sur les clients révoltés. N*est-il pas vraisemblable qu*il en fut de même quelques années plus tdt ; que les plébéiens de Vulsinii appelèrent alors les Gaulois contre Paristocratie vulsinienne et romaine qui les opprimait , et que les plébéiens de Rome, en rapport avec ceux de Yulsinii , furent informés les premiers de la marche des Gaulois contre Rome? C*est alors que les plébéiens de Rome chassèrent Camille, le chef du parti des patriciens. Camille, en sortant de Rome, pria les dieux de forcer les Romains à souhaiter bientôt son secours. Ce vœu sinistre semblait prédire l'approche des Gaulois.
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au hasard la Babel plébéienne *, agitée et orageuse, mais toute- puissante pour la conquête.
Dans la guerre que les peuples étrusques, latins et gaulois Grent aux Romains pendant quarante ans, nous ne voyons point paraître les populations sabelliennes , Sabins et Samnites. On ne peut douter pourtant qu*alors, comme à leur ordinaire, les montagnards ne descendissent volontiers pour piller la plaine. Sans leur secours, je ne comprends point comment Rome, seule contre tant d'ennemis, n'eût point été épuisée par une si longue guerre.
' Tit.-Liv.,y,c. 14. uPromiscuè urbsœdlQcaricœpta. » Tegula publiée prxbita est : saxi, materiaeque eae- » dendas unde quisque vellet, jus faetum; praedibus ac- « ceptis eo anno œdifieia perfeetnros. Festinatio curam 0 exemit Ticos dirîgendi , dum omisso sui alienique
Les Gaulois chassés , les Latins et les Étrusques domptés , il ne restait que les Sabins et Samnites pour disputer aux Romains la possession de Tltalie. Rome s'était rapprochée des Étrusques en accordant le droit de cité aux Vefens , aux Fidénates et aux Falisques, qui composèrent quatre nouvelles tribus. Cet élément nouveau, introduit dans la population, devait contribuer à la rendre ennemie des Sabelliens. C'était par la longue et terrible guerre des Samnites qu'elle devait préluder à la conquête du monde.
n discrimine, iu vacuo œdiûcant. £a est causa, ut vete- » res cloaca:, primo per publicum ductae,nunc privata « passim subeant tecta; formaque urbis sit occupatae A magis, quam divisée similis. »
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