CHAPITRE III
6DBBBB PVIIIQDB, 966-941. — BÉDUGTIOll BB LA 8IC1LB, DB LA C0B8B BT BE LA SABBAIftlIB ; DB LA GAULB ITALIBIINB, DB l'iLLYBIB BT BB l'iSTBIB , »8-ilf.
Ce n'est point sans raison que le souvenir des guerres puniques est resté si populaire et si vif dans la mémoire des hommes. Cette lutte ne devait pas seulement décider du sort de deux villes ou de deux empires ; il s'agissait de savoir à laquelle des deux races, indo- germanique ou sémitique, appartiendrait la domination du monde. Rappelonsnous que la première de ces deux familles de peuples comprend, outre les Indiens et les Perses, les Grecs, les Romains et les Germains; dans l'autre, se placent les Juifs et les Arabes , les Phéniciens et les Carthaginois. D'un c6té, le génie héroïque, celui de l'art et de la législation ; de l'autre, l'esprit d'industrie, de navigation, de commerce. Ces deux races ennemies se sont partout rencontrées, partout attaquées. Dans la primitive histoire de la Perse et de la Chaldée , les héros combattent sans cesse leurs industrieux et perfides voisins. Ceux-ci sont artisans, forgerons, mineurs, enchanteurs. Ils aiment l'or, le sang, le plaisir. Ils élèvent des tours d'une ambition titanique, des jardins aériens, des palais magiques , que l'épée des guerriers dissipe et efface de la terre. La lutte se reproduit sur toutes les côtes de la Méditerranée entre les Phéniciens
0 tici, qui et viam Appiam à porta Capenà nsque ad » urbem Capuam muniendam curavit. • — f^oy. aussi Diod. Sic, XX.
» Plin., VIII, 7. Flor., 1, 18. Gros, IV, 1.
» Val. Max., VI, 3, 4.
> Sn partant, il laissa Milon pour garder la citadelle, et lui donna pour tribunal un siège couvert de la peau du médecin qui avait voulu Feropoisonner. Le fait n*est rapporté que par Zonare : mais il est conforme à ce que nous savons de la barbarie des successeurs d*Alexandre, des chefs de mercenaires, et particulièrement de la cruauté de Pyrrhus en Sicile.
* Plutarch., Pyrrhi viîa.
HISTOIAE DE LA RÉPUBLIQUE ROMAINE
et les Grecs. Partout ceux-ci succèdent aux comptoirs, aux colonies de leurs rivaux dans FOrienl, comme feront les Romains dans FOccident. Yoyec aussi avec quelle fureur les Phéniciens attaquent la Grèce à Salamine sous les auspices de Xercès , la même année où les Garlhaginois , leurs frères , détmrquent en Sicile Tarmée prodigieuse que Gélon détruisit à Himera. Et plus tard, les Grecs, pour en unir, allèrent à leur tour attaquer chez eux leurs éternels ennemis. Alexandre fit contre Tyr bien plus que Salmanasar ouNabuchodonosor. 11 ne se contenta point de la détruire ; il prit soin qu'elle ne pût se relever jamais, en lui substituant Alexandrie et changeant pour toujours la route du commerce du monde. Restait la grande Garthage, et son empire bien autrement puissant que la Phénicie ; Rome l'anéantit. Il se vit alors une chose qu'on ne retrouve nulle part dans Thistoire, une civilisation tout entière passa d'un coup , comme une étoile qui tombe. Le périple d'Hannon, quelques médailles, une vingtaine de vers dans Plante, voilà tout ce qui reste du monde carthaginois. Il faUnt bien des siècles avant que la lutte des deux races pût recommencer , et que les Arabes , cette formidable arrière -garde du monde sémitique, s'ébranlassent de leurs déserts. La lutte des races devint celle de deux religions. Heureusement ces hardis cavaliers rencontrèrent vers TOrient les inexpugnables murailles de Gonstantinople , vers l'Occident la francisque de Gharles-Martel et Tépée du Cid. Les croisades furent les représailles naturelles de l'invasion arabe, et la dernière époque de cette grande lutte des deux familles principales du genre humain.
Pour deviner ce monde perdu de l'empire carthaginois , et comprendre ce que serait devenue l'humanité si la race sémitique eût vaincu, il faut recueillir ce que nous savons de la Phénicie , type et métropole de Garthage.
Sur l'étroite plage que dominaient les cèdres du Liban ', fourmillait un peuple innombrable, entassé dans des lies et d'étroites cités maritimes. Sur le rocher d'Arad, pour ne citer qu'un exemple, les maisons avaient plus d'étages qu'à Rome même'. Cette race impure, fuyant devant l'épée de Sésostris, ou le couteau exterminateur des Juifs, s'était
> Quand le Liban avait eneore des cèdres. f^oy.Yolney, f^ofo^e en tSjyrîe.
* ... Tftbolftta tibi jàm tertia famant,
Tu netcis : nain si gradibof trepidatnr ab imif, Ultimus ardebit qoem tegula *ola tuetar.
— JttTeo. III. —
Auguste défendit d^élever les maisons à pins de soixantedix pieds.
s Hilton, Parad. ioêi,, I.