ÉCLAIRCISSEMENTS
Page 278. -- Montaigne. Voyage en Italie,
« Ceux qui disaient qu'on y voyait au moins les ruines de Rome , en disaient trop; car les ruines d*une si épouvantable machine rapporteraient plus d'honneur et de révérence à sa mémoire ; ce n'était rien que son sépulcre...
• Les bâtiments de cette Rome bâtarde qu'on allait à cette heure attachant à ces masures, quoiqu'ils eussent de quoi ravir en admiration nos siècles présents , lui faisaient ressouvenir proprement des nids que les moineaux et les corneilles vont suspendant, en France, aux voûtes et parois des églises que les huguenots viennent d'y démolir...
« A voir seulement ce qui reste du temple de la Paix, le long du Forum romanum , duquel on voit encore la chute toute vive, comme d'une grande montagne dissipée en plusieurs horribles rochers , il ne semble que deux tels bâtiments pussent tenir en tout l'espace du mont du Gapitole,oùii y avait bien vingt-cinq ou trente temples, outre plusieurs maisons privées... 11 est souvent avenu qu'après avoir fouillé bien en avant en terre , on ne venait qu'à rencontrer la tète d'une fort haute colonne qui était encore en pied au-dessous. H est aisé à voir que plusieurs rues sont à plus de trente pieds profond au-dessous de celles d'à cette heure. «
r. aussi Luther, Tischreden, p. 443, édit. de Witt.
« Lorsque je vis Rome , je tombai à genoux, levai les mains , et dis : Salut , sainte Rome , consacrée par les martyrs et par leur sang, qui y a été versé... Rome n'est plus qu'un cadavre et un tas de cendres... Les maisons sont aujourd'hui où étaient les toits -, tel est l'entassement des décombres , qu'il y en a la hauteur de deux landsknechts. »
P. 978.— Nous réunissons ici les opinions opposées de Tite-Live et de Gœthe sur les avantages et les inconvéuients de la situation de Rome ( f^. plus bas ce qu'en pensait Napoléon ). Nous y joignons un passage important du savant Breislak sur le caractère géologique du sol oft elle est bâtie. La description la plus complète de Rome, sous tous les rapports, physiques et historiques, est celle que publient en ce moment les Allemands qui y sont établis, MM. Bunsen elOd. Gherard. M. Gherard doit joindre à cet ouvrage tous les textes anciens et modernes qui peuvent éclairctr cette description. Je saisis
cette occasion pour remercier mon savant ami de l'infatigable bonté avec laquelle il m'a fait les honneurs de la ville éternelle , que personne ne connaît comme lui. J'ai eu aussi à me louer singulièrement des communications de M. Yollard (secrétaire du prince R. Henri de Prusse ), et de la bienveillante hospitalité de l'illustre voyageur sir W, Gell.
Tit.-Liv., liv. y, c. 54. « Non sine causa dii homlnesque hune urbi condendœ locumelegerunt; saluberrimos colles, Rumen opportunum, quo ex mediterraneis locis fruges devehantur, quo maritimi commeatus aecipiantur ; mare vicinum ad commoditates , nec expositum nimiâ propinquitate ad pericula classium externaruro; regionum Italise médium, ad incrementum urbts natum unicè locum. »
Gœthe, Mém,, I, p. 386.— « On construisit au hasard au pied deces montagnes,entre les marais et les roseaux. Les sept collines de Rome ne sont pas des remparts élevés contre le pays situé derrière ; ce sont des digues contre le Tibre et contre son ancien lit, devenu depuis le Champ de Mars. Si je puis me permettre quelques excursions autour de Rome, au printemps, je serai plus à même d'en bien signaler la situation défavorable; mais je n'en prends pas moins , dès à présent , la plus vive part au chagrin des femmes d'Albe. Je m'unis de cœur à leurs cris de désespoir, lorsqu'elles virent détruire leur ville, et qu'il leur faUut abandonner ce bel emplacement, si bien choisi par son habile f6ndateur, pour venir vivre au milieu des brouillards du Tibre , et habiter le triste mont Gœlius, avec la douleur de ne pouvoir plus que jeter de là un œil de regret sur le paradis dont on les avait exilées.
» Je ne connais encore que fort peu la contrée; mais j'en sais assez pour être persuadé qu'aucun peuple de l'antiquité n'a plus mal choisi son séjour que les Romains. Aussi, dès qu'ils eurent réussi à tout engloutir, s'empressèrent-ils , pour pouvoir jouir des plaisirs de la vie, de se transporter, avec leurs pénates, dans les maisons de plaisance élevées par eux sur les ruines des villes détruites par leurs armes. »
Breislak. Foyagee Phye, et LithoLj 11, p. 946. — « Le sol de Rome semble volcanique; il est composé en grande partie de roches vomies du sein de la terre par les feux souterrains, dont l'action assoupie se manifeste encore par quelques signes extérieurs qui n'avaient pas échappé
iWi^V
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aux premien hahitanUde lacontrée.Preuves: l^Thermes près du temple de Janus ; ce lieu était appelé Lautalœ à lavando. S» Un lieu sur TEsquilin, appelé Puticulœ, à cause de Todeur de soufre (?), comme Puteolû 3» Un bois sur TEsquilin, consacré à la déesse Méphite. 4» Tradition du gouffre de Curtius, de Cacus vomissant des flammes, etc. »
De Buch croit aussi le sol de Rome volcanique, mais il pense que les matières volcaniques y sont venues par alluvions des monts entreTellelri et Frascati. La carrière de Capo di Bove , près du tombeau de Gecilia Métella , fournit tout le pavé de Rome. Ce pavé est une lave semblable au basalte.
L*architecture romaine doit , en grande partie , son caractère de grandeur et de solidité au travertin et à la pouzzolane, qu'on tire en abondance des environs. G*est avec la pouzzolane qu*on fait le ciment le plus dur.
Sur ritalie en général , voy. Virg., Geor^., II ; — Varr., J0 R. H,, 1, 2; — Gœtlie, Mém.,l\] — Staël et Chateaubriand. Nous nous contenterons de citer Pline le Naturaliste parmi les anciens ; parmi les modernes , IVapoléon : personne n*a mieux parlé de Tltalie que son vainqueur. On peut consulter aussi les voyages de Desbrosses, Slolberg, For8ith< 1813 ),Eu8tacbe ( 1814), von der Hagen ( 1818) , William ( 1830 ) , Kephalides (1883), Heyne (1839), etc., etc.
Pline, 111, 6. « Nec ignoro, ingrati ac segnis animi existimari posse mérité, si breviteratque in transcursu, ad hune modum dicatur terra omnium terrarum alumna, eadem et parens,numinedeûmelecta,qu» cœlum Ipsum clarius faceret , sparsa congregaret imperia , ritusque noiliret, et tôt populorum discorde , ferasque linguas , sermmiis eommercio oontraberet : colloquia, et buma* nitatem homini daret : breviterque, uns cunctarum gentium in toU> orbe patria fieret. Sed quid agam? Tanta nobtlitas omnium locorum (quos quis attigerit?) tanta rerum singularum populorumque claritas tenet. Uri)s Borna, vel sola ineâ, et digna tam festâ cervice faciès, quo tandem narrari débet opère? Oualiter Campanile ora per se, lelixque illa ac beata amienitas? ut palam sit, udo in loco gaudentis opus esse naturse. Jam verd tanta ea vitalis ac perennis salubritatis coeli temperies , tam fertiles campi , tam aprici colles , tam inooxii saltus, tamopaca nemora, tam monifica silvarum gênera, tôt montium attatus, tanta firugum et vitium, olearumque fertilitas, tam nobilia pecori vellera, tôt opima taniris colla , tôt lacus , tôt amnium fontiumque ubertas, totam eam perfundens, tôt maria, portus, gremiumque terrarum eommercio patens undique; et tanquam ad juvandos mortales, ipsa avide in maria procurrens. Neque ingénia, ritusque, ac viros et linguft manuque superatas commemoro gentes. Ipsi de eâ judicavére Gneci, genus in glorlam suam effusissimura : quotam partem ex eo appellando Gneciam Magnam?
»... Est ergo folio maxime querno adsimulata, multù proceritateamplior, quàm latitudine : in Iseva se flectens cacumine, et amazonicœ figura desinens parm», ubi à medio excursu Cocinthos vocatur, per sinus lunatos duo c<>rnua emittens, Leucopetram dexterâ Lacinium sinis- (râ... »
Plia. XXXVII, 77.— « Erg6 in toto orbe et quacumque
cœli ccmvexitas vergit,pulcberrima est omnium, rebusque meritô principatum natune obtinens, Italia, rectrix parensque raundi altéra, viris, feminis, ducibus, militibus, servitiis, artium praestantiâ, ingeniorum claritatibus, jam situ acsalubritatecœli atquetemperie,accessu cunctarum genthim fàcili, littoribus portuosis, benigno ventorum adflatu (et enim contingftprocurrentis positio in partem utilissimam, et inter ortus occasusque mediam), aquarum copia, nemorum salubritate, montium articulis,ferarumanimaIiuminnocenUâ, soli fertilitate, pabuli ubertate.Quidquid est, quo carere vita non debeat, niisquàm estpraestantius : fruge8,vinum,olea, vellera, lina, vestes, juvenci. Ne equos quidem in trigariis prœferri uUos vernaculis animadverto. Metallis auri, ar^ genti, œrls, ferri, quamdiu libuit exercere, nuUis cessit : et iis nunc in se gravida pro omni dote varlos succos , et frugum pomorumque sapores fundit. Ab eà, exceptis Indise fabulosis , proximè quidem duxerim Uispaniam quacumque ambitur mari. *
Mémoires de Napoléon, UN vol. — « L'Italie est environnée par les Alpes et par la mer; ses limites naturelles sont déterminées avec autant de précision que si c'était une ile ; elle est comprise entre le 36» et le 40» de latitude; le 4» et le 16o de longitude de Paris. Elle se divise naturellement en trois parties : la continentale, la presqu'île et les lies. La première est séparée de la seconde par Tistbme de Parme ; si de Parme , comme centre , vous tracez une demi-circonférence du côté du nord avec un, rayon égal à la distance de Parme aux boucbes du Yar ou de Tlsonzo ( soixante lieues ) , vous aurez tracé le développement de la chaîne supérieure des Alpes qui sépare Tltalie du continent. Ce demi-cercle forme le territoire de la partie dite continentale, dont la surface est de cinq mille lieues carrées ; la presqu'île est un trapèze, compris entre la partie continentale au nord, la Méditerranée à l'ouest, l'Adriatique à l'est, la mer d'Ionie au sud; dont les côtés latéraux ont deux cents à deux cent dix lieues, et les deux autres côtés de soixante à quatre-vingts lieues; la surftice de' ce trapèze est de six mille lieues carrées. La troisième partie, ou les lies, savoir : la Sicile, la Sardaigne et la Corse qui , géographiquement , appartient plus à l'Italie qu'à la France , forme une surface de quatre mille lieues carrées, ce qui porte à quinze mille lieues carrées la surface de toute l'Italie.
«... Les Alpes sont les plus grandes montagnes de l'Europe ; elles séparent l'Italie du continent; un grand nombre de colsles traversent; cependantun petit nombre sont seuls pratiqués par les armées , les voyageurs et le commerce. A quatorze cents toises d'élévation , on ne trouve plus de traces de végétation. A une plus grande élévation, les hommes respirent et vivent péniblement. Au dessus de seize cents toises sont les glaciers et les montagnes de neiges éternelles, d'où sortent des rivières dans toutes les directions , qui se rendent dans le Pô , le Rhône, le Rhin, le Danube ou l'Adriatique. La parité des Alpes qui verse ses eaux dans le Pô et l'Adriatique, appartient à l'Italie; celle qui les verse dans le Rhône appartient à la France ; celle qui les verse dans le Rhin et le Danube appartient à l'Allemagne. Le Rhône reçoit les eaux de tous les versants des Alpes , du côté de la
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France et de la Suisse , depuis le Saint-Gotbard Jusqu*au col d*ArgenUère , et les porte dans la Méditerranée. Toutes les vallées tombent perpendiculairement du sommet des Alpes dans le V6 ou TAdrlaUque , et sans qull 7 ait aucune vallée transversale ni parallèle ; d*où il résulte que les Alpes , du côté de Tltalie , forment un amphithéâtre qui se termine à la chaîne supérieure. Le mont Viso est élevé de quinze cent quarante-cinq toises ; le montGenèvre, de dix-sept cents toises ; le pic de Gletscherberg,sur le Saint-Golhard, de dix-neuf cenls toises, et le mont Brenner, de douze cent cinquante toises. Ces sommités dominent la demi -circonférence de la haute chaîne des Alpes, et, vues de près, elles se présentent comme des géants de glace, placés pour défendre rentrée de cette belle contrée.
» Les Alpes se divisent en Alpes maritimes, cottiennes, grecques, pennines, rbétiennes, cadoriennes , noriques, Juliennes. Les Alpes maritimes séparent la vallée du Pô de la mer; c*est une deuxième barrière de ce côté; le Var et les Alpes cottiennes et grecques séparent ntalie de la France; les Alpes pennines de la Suisse, les Alpes rhétiennes du Tyrol, les Alpes cadoriennes et juliennes de rAutriche,les Alpes noriques sont une seconde ligne, et dominent la Drave et la Mur. Le Mont-Blanc et le mont Rosa sont les points les plus élevés ; ils dominent toute r Europe. De ce point central , les Alpes vont toujours en diminuant d^élévation , soit du côté de TAdriatique, soit du côté du golfe de Gènes. Dans le système de montagnes que domine le mont Viso prend sa source le Pô , qui traverse toutes les plaines d*Italie en recueillant toutes les eaux de cette pente des Alpes et d*une portion de 1* Apennin. Dans le système de montagnes que domine le Saint-Gothard , prennent leurs sources le Rhin, le Rhône, Hnn, un des plus gros aiBuents du Danube , et le Tesin , un des plus gros affluents du Pô; dans le système de montagnes que domine le mont Brenner, prennent leurs sources TAdda, qui se Jette dans le Pô , et l*Adige, qui va à T Adriatique ; enfin , dans les Alpes cadoriennes, la Piave, le Tagliamento, risonzo , la Brenta , la Livensa , ont leurs sources au pied de ces montagnes. Le Pô, le Rhône et le Rhin ont cent vingt à deux cents lieues de cours; le Danube, qui a cinq cent cinquante lieues de cours, et reçoit cent vingt rivières navigables, eU le premier fleuve de TEurope.
»... Les Apennins sont des montagnes du second ordre, beaucoup inférieures aux Alpes; ils traversent ritalie, et séparent les eaux qui se jettent dans TAdriatique de celles qui se jettent dans la Méditerranée; ils commencent où finissent les Alpes, près de Savone , de sorte que ce point est à la fois la partie la plus basse des Alpes et la plus basse des Apennins. Les Apennins vont toujours en s*élevant par un mouvement inverse à celui des Alpes jusqu'au centre de Tltalie; ils se divisent en Apennins liguriens, étrusques, romains et napolitains.
n Les Apennins romains se terminent au mont Velino, qui est le point le plus élevé des Apennins; il a treize ceuts toises au-dessus du niveau de la mer ; ce mont est couvert de neige tout Tété. Arrivés A ce point, les Apennins vont en baissant jusqu'à Textrémité du royaume de Naples.
» Les fironlières des Ëtats sont ou des chaînes de mon- |
tagnes, ou de grands fleuves, ou d*arides et déserts; Tltalie est ainsi défendue par la ehalac Alpes ; la France , par le Rhin ; rËgjrpte, par les de la Libye et de l'Arabie. De tous ces obstacles, les déserts sont les plus difficiles à franchir; les montagnes tiennent le second rang ; les grands n'ont que le troisième.
» L'Italie, isolée dans ses limites natureRes, séparée parla mer et par de très-hautes montagnes do reste de l'Europe , semble être appelée à former une grande et puissante nation ; mais elle a dans sa configuratk» on vice capital que l'on peut considérer comme la cause des malheurs qu'elle a essuyés , et du morcellement de ce beau pays en plusieurs monarchies ou républiques indépendantes. Sa longueur est sans proportion avec sa largeur. Si l'Italie eût été bornée par le mont Velino , c'està-dire à peu près à la hauteur de Rome, et que tonte la partie du terrain comprise entre le mont Velino et la mer Ionique , y compris la Sicile , eût été jetée entre la Sardaigne, Gènes et la Toscane, elle eût eu un centre près de tous les points de la circonférence; eUe eût eu unité de rivières, de climat et d'intérêts locaux. Mais, d'un côté , les trois grandes lies qui sont un tiers de sa surface , qui ont des intérêts , des positions , et sont dans des circonstances isolées; d'un autre côté, cette partie de la péninsule au sud du mont Velino, et qui forme le royaume de Naples, est étrangère aux intérêts, au climat , aux besoins de toute la vallée du Pô.
» Les opinions sont partagées sur le lieu qui serait le plus propre à être la capitalede l'Italie ; les uns désignent Venise , parce que le premier besoin de l'Italie est d'être puissance maritime ; Venise , par sa situation à l'abri de toute attaque , est le dépôt naturel du commerce du levant de l'Allemagne : c'est, commercialement parlant, le point le plus près de Turin , de Milan plus que Gênes même ; la mer la rapproche de tous les points des côtes. D'autres sont conduits par l'histoire et d'anciens souvenirs à Rome ; ils disent que Rome est plus centrale , qu'elle est à portée des trois grandes Iles de Sicile, de Sardaigne et de Corse ; qu'elle est à portée de Naples , la plus grande population d'Italie , qu'elle est dans un juste éloignement de tous les points de la fh>ntière attaquable; soit que l'ennemi se présente par la fk-ontiêre française, la frontière suisse ou la firontière autrichienne , Rome est à une distance de cent vingt à cent quarante lieues; que la frontière des Alpes soit forcée, elle est garantie par la frontière du Pô, et enfin par la frontière des Apennins ; que la France et l'Espagne sont de grandes puissances maritimes; qu'elles n'ont pas leurs capitales placées dans un port ; queRome, près des côtes de la Méditerranée et de l'Adriatique, est à même de pourvoir rapidement avec économie par l'Adriatique, et partant d'Ancône et de Venise, à l'approvisionnement et à la défense de la frontière de l'Isonzo et de r Adige ; que , par le Tibre , Gênes et Villefhinciie, elle peut pourvoir aux besoins de la Awnlière du Var et des Alpes cottiennes; qu'elle est heureusement située pour inquiéter, par l'Adriatique (?) et la Méditerranée, les flancs d'une armée qui passerait le Pô et s'engagerait dans l'Apennin sans être maltresse de la mer; que de Rome , les dépôts que contient une grande capitale
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pourraient être transportés sar Naples et Tarente pour les soustraire à un ennemi vainqueur ; qu'enfin Rome existe ; qu'elle offre beaucoup plus de ressources pour les besoins d'une grande capitale qu'aucune ville du monde, qu'elle a surtout pour elle la magie et la noblesse de son nom ; nous pensons aussi, quoiqu^Ue n'ait pas toutes les qualités désirables, que Rome est, sans contredit , la capitale que les Italiens choisiront un jour.
» Aucune partie de l'Europe n'est située d*une manière aussi avantageuse que l'Italie pour devenir une grande puissance maritime : elle a depuis les bouches du Tar jusqu'au détroit de la Sicile, deux cent trente lieues de c6les ; du détroit de la Sicile au cap d'Otrante sur la mer d'Ionie, cent trente lieues, du cap d'Otrante à l'embouchure de l'Isonzo sur l'Adriatique , deux cent trente lieues; les trois lies de Sicile, de Corse et de Sardaigne ont cinq cent trente lieues de côtes; l'Italie , compris ses grandes et petites lies , a donc douze cents lieues de côtes ; et ne sont pas comprises dans ce calcul celles de la Dalmatie, de Tlstrie, des bouches du Calaro, des Iles Ioniennes. La France a , sur la Méditerranée , cent trente lieues de côtes ; sur l'Océan quatre cent soixante-dix, en tout six cents lieues ; l'Espagne, compris ses lies, a, sur la Méditerranée, cinq cents lieues de côtes , et trois cents sur l'Océan ; ainsi l'Italie a un tiers de côtes de plus que l'Espagne, et moitié de plus que la France; la France a trois poris dont les villes ont cent mille âmes de population; l'Italie a Gênes, Naples, Païenne et Venise dont la population est supérieure ; Naples a quatre cent mille habitants ; les côtes opposées de la Méditerranée et de l'Adriatique étant peu éloignées l'une de l'autre, presque toute la population de l'Italie est à portée des côtes. »
Le morceau suivant est tiré du Mémorial de Sainte- Hélène (septembre 1816 ).« Si l'Italie finissait avec les duchés de Parme, Plaisance et Guastalla , c'est-à-dire si elle ne comprenait que la vallée du Pô , et n'avait point de presqu'îles, alors Milan serait sa capitale naturelle; encore serait-ce un grand défaut que cette ville ne pût avoir le Pô pour se défendre contre les invasions de l'Allemagne. Mais dans l'agglomération du peuple italien. Milan ne saurait devenir la capitale , étant trop rapprochée des frontières de l'invasion , et trop éloignée des autres extrémités exposées aux débarquements.
» Dans ce dernier cas, Bologne serait infiniment préférable, parce que, dans le cas de l'invasion , les frontières forcées, elle aurait encore pour défense la ligne du Pô, et que sa position géographique, ses canaux, la mettent en communication immédiate ou prompte avec le Pô, Livourne, Givita-Vecchia , les ports de la Romagne, Ancône et Venise, et qu'elle est beaucoup plus rapprochée du côté de Naples.
» Si l'Italie finissait au royaume de Naples , et qu'une partie de Naples et de la Sicile pût venir remplir le vide qui la sépare de la Corse , alors seulement Florence pourrait prétendre à être la capitale de l'Italie , parce qu'elle se trouverait dans une position centrale. »
P. 285.— Le peu de mots qui nous ont été conservés des langues osque et salHne se ramènent aisément au sanscrit, source de la langue latine,,. C'est l'opinion de M. Eugène Bumouf , dont l'autorité est si grave en cette matière. Je dois la plupart des exemples qui suivent à M. Burnouf , et à M. Eichoff, auteur d'une synglosse inédite , qui mettra dans tout son jour la parenté des principales nations de race indo-germanique.