‹ ŒuvresChapitre 20 sur 232 · LIVRE MÉTAPHYSIQUE · texte numérisé non relu

LIVRE MÉTAPHYSIQUE

DÉDIÉ AU SKIGNEUR PAOLO MATTIO DOEIA.

Je veux traiter dans ce premier livre des locations qui me donnent Heu de retrouver par conjecture les opinions des anciens sages de Tltalie, sur la vérité première, sur Dieu et sur Tâme humaine. J*ai résolu de vous le dédier, seigneur Paolo Doria, ou plutôt de traiter ici, sous vos auspices, de la métaphysique, puisque, comme il convient à un philosophe si haut placé par son rang et par sa science, vous vous plaisez à ces hautes études, et que vous les cultivez avec autant de magnaminité que de sagesse. En effet , c'est une grande âme , celle qui , tout en admirant les pensées des autres philosophes, se confie encore plus en soi, et justifie cette confiance. D'autre part , c'est un signe de sagesse , que d'avoir , seul de tous les modernes , appliqué la vérité première aux usages de la vie humaine , en la faisant descendre , d'une part à la mécanique, et de l'autre à la science politique. Vous formez un prince pur de tous les artifices dans lesquels Tacite et Machiavel avaient élevé le leur ; quoi de plus en harmonie avec la loi chrétienne, de plus désirable pour la prospérité de la chose publique ! Ce sont là vos titres à la reconnaissance de tout homme à qui arrivera la seule renommée de votre illustre nom. J'y joins ce dont je vous suis seul redevable : la faveur avec laquelle vous m'avez toujours accueilli , les encouragements que j'ai reçus de vous plus que de tout autre, pour les études dont il s'agit ici. L'année dernière, j'avais tenu chez vous , après souper, quelques discours où , m'appuyant sur les origines mêmes de la langue latine, je faisais voir la nature dans un mouvement qui entraînait chaque chose, per vint cuneU suivant le rayon vers le centre du mouvement, et, par une force contraire, la repoussant du centre à la circonférence ; je montrais que toutes choses naissent et meurent par une sorte de systole et de diastole. Alors, vous et d'autres savants de cette ville, Augustinus, Arianus, Hyacinthe de Ghristophoro et Nicolas Galitia, vous me donnâtes le conseil d'entreprendre cette démonstration par son principe, de sorte qu'elle apparût dans un ordre légitime et systématique. C'est pourquoi , entrant dans la voie des origines latines, j'ai élaboré cette métaphysique que je vous dédie à ce titre. Plus tard, je consacrerai à ces trois illustres personnages le fruit d'autres travaux , en témoignage de l'estime singulière que je leur porte.

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