‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 2 sur 15 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Li'ouvRAGE que je publie maiulcnanl se compose de Mcnioircs que j'ai lus en différens temps à la première classe de l'Insiitut et à la Société des Professeurs de la Faculté de médecine de Paris. Les deux premiers paragraphes contiennent celui que j 'ai soumis l'an dernier au j ugement de la classe, sur le principe des forces du cœur et sur le siège de ce principe, et auquel elle a daigné f^ure un accueil si flatteur et si honorable povir moi. Ce que j'y ai dit du creiir, pouvant s'appliquer aux autres organes des fonctions involontaires, la question peut être considérée plus généralement comme la déterminaiion du siège du principe qui préside à cet ordre de fonctions. Le premier paragraphe est le résumé des expériences que j'avais communiquées deux ans auparavant à la Faculté de médecine, et dont l'objet était de rechercher quel est le siège du principe des mouvemens inspiratoires et des fonctions soumises à la volonté. Ces dernières n'ont pas présenté moins de difficultés, ni donné lieu à moins de disputes que les fonctions involontaires, par rapport au principe qui les anime. On a cru que le principe d'action des unes était différent de celui des autres, quant à son siège et même quant à sa nature. Plusieurs systèmes de

physiologie ont été fondés sur cette différence. On trouvera dans le rapport de MM. les Commissaires de l'Institut un précis fort intéressant de ces opinions pour ce qui concerne les fonctions indépendantes de la volonté. J'ai donné au commencement de ce volume , une esquisse de celles relatives aux fonctions qui en dépendent.

Le premier paragraphe n'avait été destiné qu'à servir d'introduction au second; il est sans doute trop concis; les expériences n'y sont guères qu'indiquées, et ce que j'y ai dit des fonctions du cerveau aurait exigé beaucoup plus de développement. Mais on trouvera un petit supplément à la partie expérimentale dans la première section des expériences que j'ai répétées devant la commission de l'Institut , et dans l'addition qui est à la fin du volume. Quant aux fonctions du cerveau, je vais placer ici quelques explications que je n'ai point «u occasion de donner ailleurs.

Je n'ai considéré dans ce viscère que son action sur des mouvemens inspiratoires et celle qu'il exerce sur les organes intérieurs par les nerfs de la huitième paire ; parce que ces fonctions sont celles qui se prêtent le plus facilement à des expériences directes. Mais je suis loin de prétendre qu'il n'ait pas sur les autres parties du corps une influence également grande et nécessaire. Je reconnais au contraire que c'est lui qui détermine et qui règle tous les actes des fonctions animales. Par exemple, quand je

( '5 ) mens mon bras, le ])rliicipe de ce mouvement émane de la moelle épinière et non du cerveau , mais c'est le cerveau qui a voulu ce mouvement , et c'est lui qui le dirij^e dans le sens approprié à l'objet pour lequel je le fais. Les animaux à sang froid fournissent une preuve évidente de ce que j'avance ici. Lorsqu'on a décapilé vme salamandre suf les premières vertèbres, elle peut continuer de vivre plusieurs jours j mais quoiqu'elle fasse mouvoir sou corps et ses membres avec autant de force qu'il en faudrait pour se transporter d'un lieu à un autre, elle reste à la même place, et on peut la laisser sur une assiette avec un peu d'eau , sans craindre qu'elle s'écbappe. Si l'on examine tous les mouvemens qu'elle fait, on voit qu'ils sont déréglés et sans but. Elle meut ses pattes en sens contraire les unes des autres, en sorte qu'elle ne peut uvancer, ou que si elle fait un pas en avant, elle en fait bientôt un autre à reculons (a). On observe

(a) Elle sent encore, puisqu'elle se meut spontanément; mais elle ne raisonne plus , n'ordonne plus ses mouvemens. Pour ordonner, il faut une suite de jugemens; pour juger, il faut un certiin nombre de sensations : de la vie, de l'ouie, etc. Or, ici la vie et l'ouie manquent. E. P.

On voit , d'après ceci, que l'opinion qui place dans los parties supérieures du système ce'rébro-spinal, le siège de la faculté régulatrice des moQTemeas , n'appartient pas exclusivement à l'auteur du Mémoire couroimé l'année dernière à l'Institut. On s'apercevra tout à l'heure que la découverte du procédé opératoire dont il se montre si jaloux , pourrait bien aussi lui être contestée.

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