CHAPITRE II
JDc la composition cliimiaue du sang en tant qiiidentiqueou variable dans les différens vaisseaux^ considérée comme un des faits les plus généraux de r économie.
Si l'on recherche quels sont dans le système vasculaire les faits les plus généraux , il me semble que ce sont ceux qui concernent le mouvement et la nature chimique du sang. La considération du mouvement du sang en tant qu'il doit être accéléré ou retardé dans telle ou telle partie par des causes manifestes , et qui sont ou indépendantes de rinfluence nerveuse, ou appréciables malgré cette influence ; cette considération, dis-je, mènerait à des développemens assez étendus, et qui ne seraient pas sans importance. Je m'occuperai peutêtre, dans une autre circonstance, de cette question, qui est presque redevenue problématique parmi les physiologistes. Je me borne maintenant à la recherche des faits relatifs à la nature, à la composition chimique du sang.
Mais , pour que cette recherche puisse conduire à des résultats simples et précis, il est évident qu'il faut la réduire elle-même à la question la plus simple et la plus précise; c'est-à-dire, qu'à l'exemple des géomètres, il faut faire abstraction
de toutes les circonstances qui la compliquent , et qui pourraient altérer la pureté des résultais. J'éliminerai donc de cette question le nombre et la proportion des principes qui entrent dans la composition du sang , pour examiner uniquement si cette composition subit ou ne subit pas quelques changemens pendant le cours de la circulation. Ainsi, quelle que soit la composition chimique du sang au moment où il est po vissé par le cœur dans les artères , je me bornerai à recherclier s'il conserve par-tout cette même composition , ou si elle subit des changemens quelque part, par l'actioa de causes constantes, sans m'embarrasser d'ailleurs en quoi consistent ces changemens, quelle en est la nature et Fintencité.
La question même amenée à ce point de simplicité, semblerait être encore exclusivement du ressort de la chimie. Mais jusqu'ici cette science ne s'est occupée de l'analyse du sang que d'une manière générale , et sans descendre à l'examen comparatif de celui qui remplit les différens vaisseaux. D'ailleurs cette analyse comparative ^erait hérissée de difficultés sans nombre , et il est fort douteux que la chimie pût les surmonter toutes , du moins dans l'état actuel^ en un mot, il me semble que c'est par des considérations anatomiques et physiologiques , et par l'examen attentif des faits, beaucoup plus que par des analyses chimiques, que cette question peut être résolue.