CHAPITRE VII
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Sur r accord défaits ai>ec quelques-uns des corollaires
}récédens.
J'aurais pu augmenter beaucoup le nombre de CCS corollaires. Il est évident que les propositions d*où je les déduis, étant très-génërales, l'application aux différentes fonctions de l'économie n'en est restreinte par aucune circonstance. Mais il suffit d'avoir indiqué les principaux pour montrer comment, en déterminant le rappor t qui lie différens faits particuliers à un fait général , on peut arriver à connaître ou celui qui lie ces faits particuliers entre eux, ou du moins l'inexactitude des idées qu'on avait pu se faire de ce rapport. En attendant que je m'occupe ex professo de quelques-uns de ces corollaires, je crois convenable de terminer cette dissertation par la discussion sommaire des principales raisons d'après lesquelles on a admis que le chyle et les humeurs excrémentitielles circulent avec le sang , l'un pour compléter son hé-* matose , les autres pour être expulsés au dehors.
Sur r hématose*,
L'existence du chyle dans les vaisseaux sanguins étant une question de fait et, en quelque sorte, de
pure autopsie , semblerait être la chose du monde la plus facile à constater. Cependant , quand on examine sérieusement cette question, on est fort embarrassé si ce sont les faits qui ont conduit à l'opinion qu'on s'est faite de l'hématose, ou si ce n'est pas plutôt cette opinion qui a fait ^'oir quelques-uns des faits dont on l'appuie, et qui a donné aux autres un sens qu'ils n'avaient pas.
De quelque manière que les physiologistes aient expliqué l'hématose, que ce soit par des atténuations et des élaborations mécaniques ou par des forces chimiques, ils s'accordent tous à la regarder comme une opération difficile y qui ne peut se faire que graduellement et par l'action répétée des organes assimilateurs. C'est vraisemblablement la grande différence qui paraît exister , du moins pour la couleur , entre le chyle et le sang , qui a fait admettre cette opinion, que plusieurs faits ont ensuite paru confirmer. J'examinerai dans un instant jusqu'à quel point cette lenteur, cette difficulté de l'hématose est fondée en théorie : arrêtonsnous d'abord aux faits qu'on cite pour la prouver; Ce sont certaines qualités telles que l'odeur, la couleur , etc. , que quelques produits de l'économie retiennent des alimens 5 l'acide carbonique qui se forme à la surface du corps, l'analogie du lait avec le chyle et la présence de véritable chyle, de véritable lait reconnue dans le sang par plusieurs auteurs. Il est hors de doute que différentes substances
înlrodultes dans reslomac donnent a certains produits animaux, et sur-tout à Turine , vijtic odeur particulière. Mais cette odeur ne prouve pomt la présence du chyle dans le sang artériel j si elle subsiste à une époque où les auteurs conviennent que le chyle est complètement hématose. Or Thématose est , dit-on , complète environ douze heures après l'introduction des alimens dans reslomac^ et cependant Todeur que les asperges donnent à T urine dure souvent vingt-quatre heures. Elle subsiste donc dans le sang douze heures après que le chyle Fy a portée n'existe plus, et partant elle est indépendante de la présence du chyle. De plus , ce n'est pas seulement aux excrétions que les substances introduites dans l'estomac donnent de l'odeur ; les chairs et les autres produits de la nutrition , qu'on ne regardera pas sans doute comme formés par le chyle, en sont souvent imprégnés d'iuie manière plus ou moins durable. Jjoileau trouvait que des lapins domestiques qu'on lui avait servis dans un repas ,
Sentaient encor le chou dont ils furent nourris.
Enfin, ce qui achève de prouver que le sang peut par lui-même., et indépendamment de la pré- X sence du chyle , s'imprégner de certaines substances odorantes, et communiquer ensuite cette odeur aux divers produits dont il est la source , c'est que si un homme a respiré dans un lieu verni
( 214 ) avecriiuile de lerebeiiihine , ses mines auront la iiiéme odeur de violette que s'il avait pris de cette huile à l'intérieur. Il résulte de ces faits, d'abord que certaines matières peuvent échapper à l'action des organes assimilateurs , et passer dans le sang^ en second lieu, que, dans plusieurs cas , ces matières peuvent être incapables, par leur quantité et par leur qualité , de troubler l'économie , quoique jeur présence y soit rçconnaissable par l'impression qu'elles font sur les sens. On sait que les substances odorantes se font sentir à des quantités si prodi-^ gieusement petites, qu'on les cite en physique pour prouver la divisibilité de la matière à l'indéfini. Quand c'est avec le chyle que ces substances pénètrent dans le sang, elles ont d'abord éludé l'action des organes qui président à la chylification . Il peut donc très-bien arriver qu'elles éludent de même l'action de ceux qui président à l'hématose, et que le chyle qui les tenait dissoutes ne fasse que les déposer dans le sang au moment où il en devient partie constiiuanie.
Ce que je viens de dire des odeurs peut s'appliquer aux couleurs que les os, les urines , etc. , retiennent de certaines substances introduites dans l'estomac. Ce n'est pas parce que les matières colorantes font partie du chyle qu'elles circulent avec le sang , mais parce qu'elles ont résisté aux forces aâsimilatrices , et qu'après avoir été tenues en dissolution par le chyle elles le sont par le sang au
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momenioù le chyle s'hématose. Elle:» vont ensuite se fixer sur les produits animaux, avec lesquels elles ont le plus d'affinité. La durée de ces coloralions , qui subsistent jusqu'à sept ou huit jours et plus , après qu'on a cessé l'usage de l'aliment qui y donnait lieu , et la nature de la substance colorée , qui souvent est un produit de la nutrition , annoncent évidemment que la présence du chyle n'est pour rien dans ce phénomène. — Je n'entreprendrai pas d'expliquer pourquoi certaines matières colorantes, odorantes, sapides, etc., résistent ainsi , du moins pendant quelque temps , à toute l'énergie des forces assimilatrices , tandis que les substances d'où elles proviennent, et avec lesquelles elles ont pénétré dans l'économie , ont subi toutes d'abord une assimilation complète, ni pourquoi l'économie peut, dans quelques cas, tellement s'accoutumer à la présence de ces matières , qu'elle en est imprégnée à un degré considérable, sans en éprouver aucun dérangement sensible. Je m'en tiens aux faits, ils sont certains 5 et ils sont encore confirmés d'une manière irréfragable par les recherches de M. Dey eux sur le sang des personnes affectées de jaunisse. Ce savant a constaté que le sang de ces malades ne contient pas un atome de bile : il n'en contient que la partie colorante. Cette humeur , quand, par une cause quelconque, ses canaux excréteurs sont obstrués, étant absorbée, retravaillée et reportée dans le
torrent de la circula lion par le système lymphatique, est donc complètement décomposée, et tous SCS élémens redeviennent partie constituante du sang , comme ils l'étaient avant la sécrétion , à l'exception de la partie colorante , qui résiste à cette décomposition.
La formation de l'acide carbonique à la surface du corps est adnûse par plusieurs physiologistes. M. Segiiui l'a révoquée en doute 5 et , comme il s'occupait alors de reclierclics sur l'économie animale, en commun avec Lapoisier y il est vraisemblable que son opinion à cet égard exprime en même temps celle du créateur de la chimie pneumatique. Mais, quand il serait vrai qu'il se forme de l'acide carbonique à la surface du corps , on n'en pourrait rien conclure en faveur de l'hématose graduelle du chyle. Je conçois bien que si la présence du chyle dans le sang artériel était prouvée, et qu'on fiit embarrassé pour indiquer les usages que remplirait la formation de l'acide en question, on pourrait, fluite de mieux, lui attribuer celui de décarbonner le chyle et de contribuer à son hématose. Mais, quand la présence du chyle dans le sang reste à prouver, on serait d'autant moins fondé à la réclamer pour expliquer la formation de l'acide carbonique à la surface du corps, qu'il ne serait pas fort difficile d'en trouver d'autres explications. La peau et l'épiderme ont besoin de se réparer, de s'enlreteteuir par la uu~
irltion. Cette nutrition, s'opéiant àrextréme surflice, et sous rinfluence de Toxigcne atmospliërique^ ne ponrrait^elle pas donner de l'acide carbonique pour résidu ? ne se pourrait- il pas encore que l'action de l'oxigène atmosphérique sur l'épiderme, les poils et l'humeur onctueuse qui les lubréfie , produisît de l'acide carbonique, sans que ni dans l'un ni dans l'autre de ces cas la production de cet acide dépendît en rien de l'hématose du chyle.
On a généralement admis l'analogie du lait avec le chyle. Cependant M. Dey eux y qui a analysé le chyle, ne lui a trouvé rien de commun avec le lait 5 mais, en revanche, il lui a trouvé tant de rapports avec le sang , que , dans une note qu'il a bien voulu me communiquer, iiestpresque disposé à croire que le chyle est du sang, moins la matière colorante rouge. Ceux qui connaissent les travaux , de ce savant sur le sang et sur le lait, conviendront, je m'assure , qu'il était bien capable de distinguer auquel de ces deux liquides ressemblait le chyle qu'il analysait. M. Halle ^ qui a aussi fait des expéiiences sur le chyle, ne lui a trouvé non plus aucune analogie avec le lait. Ces deux grandes autorités me suffiraient pour établir que toutes les raisons qu'on a alléguées pour prouver que le lait vient immédiatement du chvle circulant dans les vaisseaux sanguins, et n'ayant subi qu'un premier degié d'élaboraiion, sont fausses ou hypoihétiqaeo. Uu court aperçu de ces raisons achèvera