TERMINEE PAR UNE APOPLEXIE SANGUINE
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Lue à la Société de l'École de Médecine de Paris dans la séance du 21 floréal an XII.
J E présentai ? il y a deux mois à la Société, le cœur dont il est ici question. Ce qu'il y a de plus remarquable dans cette observation , ce n'est pas tant Taffection du cœur en elle-même dont on a plusieurs autres exmples , que la manière dont elle s'est terminée. La malade est morte d'apoplexie sanguine , et tout porte à croire que cette apoplexie n'a été produite que par le développement et l'excès de ^^^ qu'avait acquis le ventricule gauche du^^^'. On trouve à peine dans les auteurs quelgu exemple d'une semblable terminaison. C'est un cas qui intéresse à la fois la physiologie et la pathologie; j'ai pensé que la Société en entendrait les détails avec quelqu'intérêt.
Françoise Catelin, femme Jardin, brocheuse, âgée de vingt-cinq ans , était née à Longjumeaude
pareils qui sont parvenus à un âge avancé sans avoir été sujets à aucune infirmité. A différentes époques elle eut des tumeurs scrophuleuses autour du cou , dont quelques-unes abcédèrent. Les menstrues ne . parurentqu'à dix-neuf ans, et furent toujours peu abondantes et fort irrégulières 5 mais elle fut trèssujette aux fleurs blanches. Elle n'a point eu d'en-
fans.
Dès son enfance , elle avait l'haleine courte , et ne pouvait faire de mouvemens un peu prompts sans en être fort essoufflée ^ mais cette indisposition s'était accrue avec l'âge , et était devenue considérable dans les dernières années de sa vie. Habitant un quatrième étage, elle ne pouvait y arriver qu'en se reposant à chaque palier , ou en montant très-lentement \ à la promenade , elle était toujours en sueur et hors d'haleine pour suivre les autres. Quoique cette infirmité fut permanente, elle en souffrait beaucoup plus pendant les étés \ elle se plaignait presque toujours du creux de l'estomac 5 c'étaient tantôt des douleurs; mais, le plus Souvent, des battemens violens qu'elle y éprouvait ; elle y sentait aussi comme quelques gouttes de liquide qui coulaient les unes après les autres. Depuis fort long-temps elle ne pouvait se coucher que sur le côté droit , et , depuis plusieurs mois , elle se réveillait tous les joujs dès trois heures du matin, et ne pouvait plus rester au lit. Il y avait lon^-temos au'elle ne pouvait pas porter de vête-
( 33/ ) mens seri <'s ; el, quelque peu qu'ils le fussent, elle était obligée de les desserrer tout-à-fait après avoir mani^é. Ayant été souper en viîle peu de temps avant sa mort , elle en fut très -indisposée , et eut des vomissemens pendant la nuit, parce qu'elle n'avait pas pu se délasser après le repas 5 il est vrai qu'elle mangeait considérablement : elle avait toujours faim , et on lui voyait le pain à la main presque toute la journée. Elle ne vivait guères que de pain et de soupe maigre, et ne buvait presque jamais de vin. Depuis son mariage, elle se plaignait beaucoup de douleurs vagues dans les membres 5 elle éprouvait aussi assez fréquemment des maux de tête et des hémorra£;ies nasales ; elle était pâle de visage. Tel était l'état habituel de la femme Jardin. Elle n'avait employé que bien peu de remèdes contre toutes ces iafirmités, surtout depuis qu'un médecin qu'elle avait consulté lui avait assuré qu'elle était asthmatique.
Quant au moral, la femme Jardin était d'une éiourderie excessive ; changeant à tous momens de conversation, il lui était presque impossible de fixer ses idées. Un rien la mettait en colère, mais elle revenait bientôt ; un rien aussi la comblait de joie. L'arrivée d'une personne qu'elle attendait, une bonne nouvelle, l'affectait jusqu'à la faire tomber en défaillance. Toutes ses manières étaient très - brusques , et ses voisins la reconnaissaient au fracas qu'elle faisait en ouvrant et en fer- II\ Partie. ^^
îiiant sa porle. Cependant le désir de s'enrichir là rendait assidue au travail. Jalouse à Texcès de ceux qai gagnaient plus qu'elle , elle en pleurait de dépit. Quoique réduite à manger du pain et à boire de l'eau en brocliant ses livres, elle était dévorée d'ambition et roulait sans cesse dans sa léle de grands projets de fortune , c'était pour elle un bien grand sajet de chagrin d'avoir épousé un mari trop vieux pour la seconder dans les entreprises qu'elle voulait faire. ,
Jeudi, 19 pluviôse, elle avait chanté et passé la matinée fort gaîment 5 à midi , elle dîna de trèsbon appétit , selon sa coutume (avec de la soupe , du pain et une saucisse) 3 une demie-heure après, il lui sembla que la joue lui enflait du côté droit , et presqu'aussitôt elle se plaignit d'un violent mal de dents du même côté. Il est à remarquer qu'auparavant elle ne souffrait jamais des dents. Elle descendit un étage pour aller chercher de l'eaude-vie , afin de s'en gargariser : mais elle fut obligée de s'asseoir sur l'escalier, et ne put remonter qu'à l'aide d'une de ses camarades de travail. Elle rentra en pleurant à chaudes larmes , et criant que l'eau-de-vie ne la soulageait point, et que la douleur de dents qu'elle sentait était inexprimable. Elle s'assied , la joue malade appuyée contre sa main 5 et , ne pouvant tenir en place , elle se releva bientôt après, et se promena dans la chambre en tenant toujours la main appliquée contre sa joue. Un instant après, elle voulut s'asseoir 5 mais elle
( 339 ) loniba , en appelant au seconrs. Elle perdit eonnaissance en tombant; en même temps elle vomit son dîner, et Licha ses urines et ses exe remens. Elle eut encore deux autres vomissemens de matières glaireuses. La respiration devint bruyante et stertoreuse : une sueur très-abondanie lui couvrit tout le corps; les deux màcboiress se rapprochèrent si fortement, qu'on avait beaucoup de peine à y introduire le bout d'une cuillère ; mais les membres restèrent assez flexibles. Trois quartsd'heure après la première apparition de la douleur des dents , la femme Jardin ne donnait plus aucun signe de vie.
J'avais été appelé lorsqu'elle perdit connaissance 5 mais je ne pus m'y rendre qu'à trois heures. La face et le reste du corps étaient paies; mais les épaules et la partie postérieure du col et des joues étaient déjà couvertes de vergetures couleur de lie de vin; les mâchoires étaient serrées; il v avait de l'écume à la bouche. Cette écume avait commencé à se manifester vers le temps où la respiration était devenue stertoreuse.
Le lendemain matin, à dix heures , nous procédâmes à l'ouverture du cadavre, MM. Caron, Marie, chirurgiens. Buvard, aussi chirurgien, attaché au gistrat de sûreté, et moi. L'extérieur du cadavre ne nous présenta rien de remarquable ; seulement les vergetures dont je viens de parier étaient plus fermées, et s'étendaient davantage sur la face : il y
en avait d'à peu pi es pareilles aux deux avant-bras^ mais nous sûmes que ces dernières existaient habituellement pendant la vie, et que ces taches, semblables à ccUesque produit sur la peau l'action répétée d'une chaleur un peu vive , avaient résisté à tout ce que leur avait opposé la femme Jardin. Le cadavre avait de l'embonpoint j mais les bras nous parurent plus gros que ne le comportaient les dimensions du reste du corps j à l'ouverture de la poitrine, il nous fut impossible de rompre les côtes, elles étaient flexibles comme des baleines 5 il n'y avait aucun épanchement ni dans l'un ni dans l'autre côté de cette cavité. Les poumons étaient sains^ le péricarde occupait presque toute la partie antérieure de la poitrine; il ne contenait point ou que itrès-peu d'eau, mais le cœur était d'un volume et d'une dureté considérable 5 sa dureté sur-tout était si grande, qu'on était tenté de l'attribuer à une ossification intérieure. Après avoir détaché le viscère pour l'examiner, nous trouvâmes que son vo^ lume dépendait presque uniquement du ventricule gauche. Les deux oreillettes avaient la forme et la grandeur ordinaires 5 les valvules signioïdes des artères aorte et pulmonaire étaient aussi dans l'état esLÏn'y la valvule mitrale l'était de même; mais dans le ventricide droit, la portion de la valvule triglochine, qui est contiguë à la cloison des ventricules , était très'mince , en partie collée à cette cloison , et ses cordons tendineux étaient extrêmement grêles. Ce ventricule était du reste dans^
l'i'iat naturel , quant à sa capacllé et à i'épai.s-seur de ses parois 5 mais relativement au volume du ventricule gauche , il ne paraissait que conmie un pelit sac accole latéralement vers la base de ce deinier. Sa cavité se terminait à 6 centimètres 75 millimètres (^.po. 7) de la base du cœur. Quant au ventricule gauche, son volume était dû presque entièrement à l'épaisseur de ses parois. Sa cavité , qui s'étendait jusqu'à la pointe du cœur, ne présentait pas une capacité extraordinaire, les colonnes charnues y étaient fortement prononcées. Le cœur entier, y compris le commencement des artères aorte et pulmonaire , ayant élé lavé 5 exprimé et bien essuyé , on en constata le poids et les dimensions (x)^ il pesait 5 hectog, 9 décag. 6 gram. et 147 milligr. ( i liv. 3 onc. 4 gt'os) ^ de la base des ventricules à la pointe, il avait 1 décimètre et 35 millimètres ( 5 po. ). Sa plus grande circonférence iranversale était de 3 décimètres et. 1 centimètre ( 1 1 p^^s j ). Les parois du ventricule gauche avaient presque partout 27 millim. (t po.) d'épaisseur 5 mais à la pomte, elles avaient à peine % mil. ( 1 lig. ). Ce cœur était peu chargé dégraisse, il n'en avait guère que sur le ventricule droit.
(l) Suivant Senac , le poids du cœur daus l'adulte, est ordinairement entre 8 et 10 onces 5 sa longueur entre 3 pouces et demi et 4 pouces 5 sa largeur entre 2 et 2 pouces e| demi. ( Traitç du cçour ^ tom.l, pa§. l54, 2". édition.)
( 342 ) Nous n'examinâmes dans l'abdomen que le foie, Ja rate ei restomac (i). Le premier de ces viscères clait très-volumineux et reportait le diaphragme fort haut dans le côté droit de la poitrine. Il paraissait sain dans toute sa substance, seulement il était si gorgé de sang, que ce fluide ruisselait abondamment de toutes les incisions qu'on y avait fait. La raie était dure et avait aussi un volume remarquable. L'estomac fut trouvé vide, ses rides étaient nombreuses et singulièrement saillantes. Sa membrane interne était teinte d'une couleur rouge, que le scalpel ne pouvait enlever. Cette rongeur était si prononcée, qu'elle aurait pn faire naître des soupçons à celui qui, se bornant à considérer qise la femme Jardin avait mangé peu de temps avant sa mort , et qii'elle avait eu des déjections et des vomissemens abondans , n'aurait pas songé à chercher dans la tête la véritable cause de la mort. Après avoir ouvert le crâne et enlevé un segment de l'hémisphère droit du cerveau , nous aperçûmes dans cet hémisphère beaucoup de sang épanché ; nous en évaluâmes la quantité à 9 décag. et 17 décigr. (3 onces) au moins. Ce sang était caillé, il remplissait non-seulement le ventricule droit, mais encore une crevasse assez grande et
(t) m. Magendie expérimente annuellement dans ses cours, que toutes les causes qui accélèrent la circulation augmentent dans la même proportion le volume du foie , dç la rate et des autres -viscères parencliimatevx, fit X>x
pins longue que large, qui s'ouvrait dans le ventricule par une déchirure pratiquée dans la partie externe et un peu postéiieure de ce dernier. Dans tout le pourtour de cette crevasse, la substance cérébrale était d'un rouge pâle , mollasse , et s'écrasait sous le doigt par la plus légère pression. En un mot, elle avait l'apparence , mais non l'odeur putrilagineuse ^ partout ailleurs elle était ferme. Il y avait aussi un ou deux petits caillots de sang dans le ventricule gauche, mais il nous sembla que ce sang y était venu du ventricule droit , par une rupture que nous observâmes dans le septum lucidum. Nous ne remarquâmes rien de plus à la tête; les dents étaient fort sales, mais elles ne nous parurent pas altérées.
Faut-il attribuer l'apoplexie de la femme Jardin à la force extraordinaire du ventricule gauche du cœur? 11 me semble que l'âge de cette femme, qui n'est pas celui des apoplexies , et les hémorragies nasales auxquelles elle était sujette, permettent de répondre affirmativement. Il est d'ailleurs incontestable que la résistance dont les vaisseaux sanguins sont susceptibles, est renfermée dans de certaines limites. Si donc la résistance des vaisseaux, restant la même , l'énergie de la puissance dont elle est destinée à soutenir l'effort devient dix ou vingt fois plus grande, on conçoit que cette puissance, à force de s'exercer contre les vaisseaux, pourra finir tôt ou tard par les rompre en
qnelqu'endroit. Mais, dira-t-on, cet excès de force dans le ventricule ^anche du cœur n'est pas survenu tout d'un coup : il existait long-temps avant que l'apoplexie eût lieu. S'il était réellement capable de produire l'apoplexie , pourquoi ne l'a-t-il pas produite quelques mois, ou même quelques années plus tôt? Pour cette même raison pour laquelle un poids un peu trop lourd, par rapport à la corde qui le soutient , ne la rompt cependant pas dès le premier instant. Ce n'est qu'après l'avoir affaiblie jusqu'à un certain degré, en la tiraillant sans cesse, et en brisant successivement les fdamens les plus tendus, qu'il la rompt à la fin tout d'un coup , et au moment où Ton s'y attend le mouîs. En un mot, si l'on admet qu'un exercice violent , une chaleur externe trop intense , et tout ce qui est capable d'augmenter considérablement la force de la circulation , peut occasionner l'apoplexie , pourquoi n'accorderait-on pas qu'une grande augmentation de force dans l'organe moteur de la circulation peut produire les mêmes effets ? Morgagni ( Let. 3 , n». 20 ) , ayant trouvé que l'artère vertébrale du côté gavicbe naissait imnjédiatement de la crosse de l'aorte , et non pas de l'artère sous-clavièredu même côté, dans un sujet mort d'apoplexie par épanchenient de sang dans la cavité du crâne de ce même côté gauche, n'a point hésité à regarder cette origine de l'arlèrc vertébr.de comme une des causes de l'apoplexie. Sou
( 345 ) nioûf estqi-ie rimpéuiosilé du sang vers la lolc dcyaiL être aiigmeulée par celte disjiosuion , et qu'il en devait résulter pour le cerveau un effet absolupient analoj^ue à celui que tend à produire un col trop court.
A la vérité, l'apparence ulcéreuse et presque sanieuse que présentaient les parois de la caverne qui existait dans le cerveau de la femme Jardin , pouvait faire croire que riiémorragie n'a été qu'un effet consécutif et accideniel d'une ancienne maladie de l'hémisphère droit de ce viscère , et quelques-uns des assisians furent en effet de cet avis ; mais il faut observer que celte disposition a lieu dans toutes les apoplexies produites par un épanchement sanguin dans le lissu de la substance, soit du cerveau, scil du cervelet. Celte siogularilé n'a point échappé à Morgagni. Il recherche , avec sa sagacité ordinaire ( Let. 3, n^ 3), si les cavernes que le sang occupe dans ces cas n'ont été réellement produites qu'à l'instant où l'apoplexie a eu lieu , ou bien si elles existaient déjà long-temps auparavaiit, comme semble l'indiquer la cornq)tion apparente de leurs parois. Il se décide pour la première opinion, d'après des motifs très-plausibles, et qu'il serait trop long de rappeler ici. Seulement il ne s'arrête pas à expliquer pourquoi les parois de ces cavernes prennent si promplemenl un aspect putrilagineux^ mais il me semble qu'il n'y a rien là qui puisse surprendre. On ne fail guc-
res Touverturedes cadavres que vingt-quatre heures après la mort, et Ton conçoit que cet iniervalle peut SLiffîre pour que le sang qui se trouve en contact avec les parois décîiirées d'une substance molle et pulpeuse comme le cerveau , lui fasse subir des al lérations chimiques, altéralions qui doivent encore être accélérées par une température de trente-deux degrés , qui existe au moment de Tépanchement, et qui ne baisse qu'insensiblement , et par l'infiltration de la sérosité, qu'abandonne le sang à mesure qu'il se coagule.
A cette singularité , ajoutons que les ouvertures de cadavres, telles qu'elles sont rapportées pardifférens auteurs, à la suite de l'apoplexie par épanchement de sang dans l'intérieur de l'encéjjhale , donnent lieu à trois autres remarques que j'ai vu confirmées dans six ou sept cas d'apoplexie , et qui le sont particulièremei/itdans celui delà femme Jardm. La première de ces remarques est que presque jamais i'épanchement n'est produit uniquement par la rupture de quelque vaisseau dans les cavités naturelles de l'encéphale , mais qu'il y a presque toujours une crevasse, une déchirure plus ou moins grandes dans le tissu même de ce viscère , et c'est dans ce sens qu'on doit entendre cette sentence de Galien, qne dans l'apoplexie la lésion qui la produit affecte plutôt la substance cérébrale que les ventricules. Ce sont ausssi ces déchirures, ces corrosions apparentes de la substance
(347 ) cérébrale qui ont donné lieu à plusieurs auieiu's d'attribuer Tapoplexie à une humeur corrosive. La seconde remarque est que ces déchirures se font presque toujours dans les environs des corps cannelés ou des couches des nerfs opliques. (i) La troisième enfin est que, dans le plus grand nond)re des cas , elles ont lieu du côté droit. Sur quinze exemples d'apoplexies que cite Morgagni , il n'y en avait que trois dans lesquels l'épanchement existait du côté gauche. Il n'est guères présumable que ces diverses circonstances soient le produit du hasard 5 elles dépendent sans douie de quelque disposition organique , que Morgagni a essayé de déterminer à l'égard de quelques-uns, mais sur
(l) Sur vingt-liuit épancliemens apoplecliques rencoutiés par M. Rochoux il y en avait :
Vingt-quatre dans le corps strié ;
Deux dans la couche optique 5
Un dans le corps strié et la couche optique ;
Un sous le corps strié.
Quant au côté qui est plus fréquemment le siège de l'apoplexie, les résultats obtenus par M. Kochoua: ne s'accordent pas avec ceux donnés par Morgagni ^ les voici :
Du côté gauche 18
Du côté droit • 17
Des deux côtés à la fois. ..... 6
Total. ... 41
{Nouveau Dictionnaire de médecine , art. apoplexie),
lesquelles il nous rcsie encore à désirer el à atteo- (Jre les réflexions on les (iéconverles nlléiicures des anatomistes.
D'A terminant , je ne yniis m'empêclier de rappeler avec quelle précision et quelle mérité Hippocrate nous a signalés les svmplônies auxquels a succombé la femme Jardin. Tandis qu'on s'efforce de briser les statues de ce grand liomme , et qu'où nous accuse de n'bonorer à la tête des princes de Fart qu'un personnage fabuleux, qu'il nous soit permis de saisir cette occasion de rendre un nouvel hommage à sa mémoire, en montrant une nouvelle confirmation des vérités éiernelles qu'il nous a transmises. On a vu qu'en mourant la femme Jardin eut de l'écimie à la bouche , que sa peau se couvrit de sueur, et qu'elle lâcha ses excrémens. Or , ces divers symptômes ont été indiqués par Hippociaie , et il nous dit qu'on ne doit plus espérer de rappeler à la vie ceux qui les présentent ( Aphor, 43 ? i2.e sect. , prsenot. com. 368 et 479 )• Il est inutile de rappeler ici textuellement des sentences que tout le monde connaît 5 je remarquerai seulement que l'aphorisme dans lequel ce grand médecin parle des déjections alviwes, a été le sujet d'une controverse ; il est ainsi conçu : 0,01 ^ic/.
( Prœn. com. , 368 , fœs. ) , que je traduis ainsi : cç Ceux qui , en proie à de violentes palpitations, lâchent subitement leurs excrémens, meurent. «Le
( 349 ) îîîOl o-<pt^»'/*t«y (palpitalioli) a embarrassé la plupart des traducieursj et, nialgié qu'il existe dans tous les nianuscrils , ils trouvèrent plus commode et plus clair de lui substituer le moi ^^^lyj^ov ^ suffocation ) 'y mais il se pourrait qu'(^n cela ils ne fissent que substituer Teffet à la cause, et il me semble que Fancienne version s'appliquerait parfaitement aux cas de maladies du cœur qu'accompagnent et que terminent ordinairement de violentes palpitations : tel est celui dont je viens d'avoir l'honneur d'entretenir la Société.
N. J3, Je trouve dans le même carton le canevas d'une observation à peu près semblable à celleci. Elle a pour objet un homme de quarante- six ans : depuis plusieuis années tourmenté par des palpitations et des battemens d'artères, il mourut presque subitement à la suiie d'un léger repas. A l'ouverture on trouva une grande quantité de sérosité sanguinolente dans le ventricule droit du cerveau et environ 3 onces de sau<> caillé dans l'hémisphère opposé j le cœur, comme celui de la femme Jardin, était très-volumineux. Après avoir dégorgé pendant deux jours, il pesait ly onces 3 gros juste; était long de 4 pouces 8 lignes de la base à la pointe, et avait 12 pouces 2. lignes dans sa plus grande circonférence.
Si on compare ce poids et ces dimensions avec celles données parSenac, on se convaincra de l'existence de riiypartrophie qui a sans doute déterminé l'hémorragie cérébrale. E. L,