ACTE 1, SCENE IV. iSg
de son frère , il fera fort bien ; mais après avoir acquitté le petit souper d'hier. C'est une bagatelle. Encore celle-là, monsieur. Vous êtes trop juste, trop bon
frère D'ailleurs, je ne connais que monsieur; c'est
l'adresse de monsieur qu'on a donnée à ma femme ; monsieur se nomme Philibert. C'est donc monsieur que j'attaque , en lui laissant , bien entendu , son recours contre son frère.
Nous ne vous craignons pas , et nous ne vous paierons pas.
LE TRAITEUR
C'est ce qu'il faudra voir.
PHILIBERT aîné.
Allons, pour mon entrée dans mon nouveau logement , du bruit , un scandale. Finissons. C'est cinquante-trois francs qui vous sont dus.
COMTOIS
Eh quoi! vous voudriez encore?....
PHILIBET AÎNÉ.
Paix. En voilà cinquante-cinq.
COMTOIS
C'est bien dur. Payer un souper qu'on n'a pas mangé !
LE TRAITEUR
Monsieur laisse , sans doute , le reste pour les garçons ?
PHILIBERT aîné.
Soit.
COMTOIS
Et les garçons encore !
LE TRAITEUR
Mille pardons, monsieur, de ma vivacité; mais il y
i4o LES DEUX PHILIBERT.
a tant de pertes dans notre état. Nous sommes des jeunes gens qui commençons.
COMTOIS
Il suffît ; vous êtes payé.
LE TRAITEUR
C'est vrai ; mais convenez que ma femme n'en a pas moins fait une sottise, parce que n'ayant pas Thonneur de connaître monsieur votre frère.... Mon dieu! qu'on est heureux de rencontrer de temps en temps des honnêtes gens comme monsieur!
(// sort.)