ACTE I, SCENE V
HENRIETTE
En effet , je m'en souviens; monsieur nous a dit qu'il était des environs d'Orléans.
LÉONARD
Tandis que nous sommes en train de faire des reconnaissances.... Monsieur Doricour ne se remet pas mes traits...
DORICOUR.
Pardonnez- moi , monsieur l'hôte : je crois Eh!
mais, vraiment, c'est Léonard.
LÉONARD
Tout prêt à vous servir. Monsieur.
DORICOUR.
Et par quel hasard, toi que j'ai vu si brillant à Paris?...
LÉONARD
Hélas! Monsieur, des malheurs....
DORICOUR.
Ah! oui, des malheurs; le jeu, les femmes...
LÉONARD
Chut ! ne parlez pas de mes fredaines devant ma femme. DORICOUR, regardant galamment madame Léonard.
Ah ! c'est ta femme. J'espère que tu ne comptes pas ton mariage au nombre de tes malheurs. Parbleu ! mon cher Léonard, je ne suis pas ftiché de loger chez une personne de connaissance. Tu pourras m'être utile. Je sais mettre à profit toutes les circonstances, moi.
RAYMOND
Je vous laisse , Monsieur; j'ai quelques affaires à terminer dans ce bourg : me permettrez-vouâ d'avoir riionneur de vous saluer avant mon départ?
24 M. DE BOULANVILLE.
DORICOUR.
Oui, sans doute, Monsieur, et j'espère bien que ce n'est pas la dernière fois que nous nous verrons. Je viens tout exprès pour visiter une terre que j'ai achetée dans ce canton.
RAYMOND, avec joie.
Comment, Monsieur, c'est là le but, le but unique de votre voyage ?
-D OR I COUR
Oh! unique! c'est ce qui vous reste à savoir.
RAYMOND
Ail ! Monsieur, quel plaisir vous me faites en m'annonçant.... Que ma mère sera flattée d'un voisinage comme le vôtre !
(// sort. )
DORICOUR.
Il est fort poli.
N'est-il pas vrai , mon père ?
DORICOUR.
Un peu curieux... Mais tu dois avoir besoin de repos, mon enfant.
MADAME LÉONARD
Je vais conduire mademoiselle à son appartement.
HENRIETTE
Mon père , je dois avoir et j'ai toute confiance en vous ; mais, je vous en prie , ne décidez rien sans moi.
DORICOUR.
Sois tranquille.
MADAME LÉONARD
Venez, Mademoiselle.
( Elle sort açec Henriette. )