‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 268 sur 391 · ACTE I, SCENE VIII. SSy · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE VIII. SSy

C'est bien vu , n'est-ce pas ?

DERVILLE

Oui, C'est donc mille francs

Qu'il te faut?

Oui.

Sur-tout pour toi.

C L E Pl M O IV T.

DERVILLE

Mon Dieu ! c'est une bagatelle.

CLERMONT

DERVILLE

Sans doute, et la somme fût-elle Beaucoup plus forte encor!...

CLERMONT

Je t'entends. J'en agis Avec toi sans façon , comme on fait entre amis ; Je fais ce qu'avec moi je voudrais que tu fisses , Si tu venais un jour réclamer mes services.

DERVILLE

Trop heureux d'obliger mon ami le plus cher

C'est qu'au jeu j'ai perdu tout mon argent hier.

CL£RMo:<^T.

Au jeu! vilain défaut!

DERVILHE.

Mais que veux-tu qu'on fasse.

On s'ennuie et l'on joue, afin que le temps passe.

CLERMONT

Jusqu'à ce point encor n'es-tu pas dépourvu, Que ton ami par toi ne soit pas secouru?

Je ne suis pas si riche.

CLERMONT

Allons donc; quand de rente Tome I. 22

On a vingt mille écus!

DER VILLE

Mais j'en dépense trente.

CLERMONT

Trente ! eh mais , mon ami , c'est un tort que cela. L'on ne doit dépenser jamais que ce qu'on a.

DERVTLLE.

11 te sied de prêcher , toi qui n'as rien qui vaille , Et qui dépenses tout !

CLERMONT

Mon ami, je travaille.

Un succès paiera tout. Mais comment paieras-tu, Toi , ta dépense faite outre ton revenu ? Raison de plus pour prendre un état au plus vite. Mais de ces mille francs j'ai besoin tout de suite ; N'as-tu pas des amis qui peuvent te prêter ?

DERVILLE

Mais voilà ton erreur : quand il faut emprunter On n'en a plus d'amis.

CLERMONT

En effet je commence A. m'en apercevoir.

Oh 1 sans impatience Écoute-moi, voyons. Ne peut-on s'arranger? Sous dix ou quinze jours je pourrai t'obliger.

CLERMONT

A mon propriétaire il faut ce soir la somme , Sinon il fait saisir.

DERVILLE

C'est donc un juif, cet homme!

CLERMONT

Il est mon créancier et n'est pas mon ami.

Page 1