‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 35 sur 391 · ACTE II, SCENE IX. 4i · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE IX. 4i

ma tante est d'une complaisance angélique , mon oncle d'une patience exemplaire.

DORSIGNY l'oncle.

Tu dis bien vrai , ma nièce ; il faut être patient comme je le suis pour souffrir un pareil bavardage.

MADAME DORSIGNY.

Ma nièce a raison ; il faut être complaisante comme moi pour entendre de sang-froid de pareils discours.

DORSIGNY l'oncle.

Eh bien ! madame ; ma nièce ne m'a presque pas quitté depuis mon retour ; voulez-vous la prendre pour juge?

MADAME DORSIGNY.

Très-volontiers, je promets de m'en rapporter à sa décision.

Qu'est-ce que c'est donc ?

MADAME DORSIGNY.

Imaginez-vous que mon mari ose me soutenir que ce n'est pas lui que j'ai pris tantôt pour mon mari.

MADAME DE MIRVILLE

Est-il possible ?

DORSIGNY l'oncle.

Imagine-toi , ma nièce , que ma femme me soutient que j'étais ici au moment même où je courais la poste sur la route de Toulon à Paris.

MADAME DE MIRVILLE

C'est incroyable. Il y a sans doute quelque malentendu ; laissez-moi lui parler un moment.

DORSIGNY l'oncle.

Tâche de lui faire entendre raison ; mais tu auras bien du mal.

MADAME DE MiRviLLE, bcLs CL madame Dorsignj. Ma tante , tout ceci n'est sans doute qu'ime plaisanterie de mon oncle.

MADAME DORSIGIVT, bos.

Quelle apparence , en effet , qu'il soit de bonne foi en soutenant des choses aussi dénuées de vraisemblance !

MADAME DE MIRVILLE, bos.

Donnez - lui sa revanche , prenez la chose en riant , et faites-lui sentir que vous n'êtes pas sa dupe.

MADAME DORSIGjYY, baS.

Tu as raison , laisse-moi faire.

DORSIGNY l'oncle.

Il faut pourtant que cela finisse.

MADAME D o R s I G N Y , ironiquement.

Oui , sans doute , il faut que cela finisse ; et comme le devoir d'une femme est de fermer les yeux pour ne voir que par ceux de son mari , je reconnais mes torts , et je fais tout ce que je peux pour me persuader que vous me parlez sérieusement dans ce moment-ci.

DORSIGNY l'oncle.

Tout ce persiflage n'éclaircit pas. . .

MADAME DORSIGNY.

Sans rancune , monsieur Dorsigny ; vous avez assez ri à mes dépens , je ris maintenant aux vôtres , et nous sommes quittes. J'ai quelques visites à rendre; si vous n'êtes plus en humeur de plaisanter, quand je reviendrai, nous pourrons parler sérieusement. {^Elle sort.)

DORSIGNY l'oncle.

Entends-tu quelque chose à tout ce qu'elle vient de nous dire ?

MADAME DE MIRVILLE

■Te m'y perds; il faut la suivre, et savoir enfin...

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