SCÈNE X
DORSIGNY l'onle, CHAMPAGNE, un peu ivre.
CHAMPAGNE
Par ma foi ! cette maison est une excellente auberge ; mais où diable est donc fourré tout le monde? Je n'ai vu personne depuis que j'ai fait tant de bruit ici en jouant mon rôle de postillon. Ah! voici monsieur mon maître , il faut lui demander des nouvelles de notre affaire. {Il fait des signes a M. Dorsigny en riant.)
DORSIGNY l'oncle.
Comment! je crois que c'est ce maraud de Champagne , le valet de mon neveu. Par quel hasard se trouve-t-il ici , et à qui diable en a-t-il avec son ricanement imbécille?
CHAMPAGNE, riant.
Eh bien! monsieur.
DORSIGNY l'oncle.
Il faut qu'il soit ivre.
CHAMPAGNE
Eh bien! ai-je bien joué mon rôle?
DORSIGNY l'oncle, h part.
Je commence à comprendre. {Haut.) Oui, pas mal, pas mal.
CHAMPAGNE
Comment pas mal , on ne peut pas mieux. Avec mon
fouet et mes grosses bottes j'avais bien Tair d'un poslillon, n'est-ce pas?
Oh, oui! [A part.) Le diable m'emporte si je sais ce tfue je réponds.
CHAMPAGNE
Eh bien! oii en êtes-vous?
DORSIGNY l'oncle.
Où j'en suis? Mais j'en suis Tu dois bien sentir où j'en suis.
CHAMPAGNE
Parbleu! je le devine; vous avez consenti au mariage comme père ?
DORSIGNY l'oncle.
Oui.
CHAMPAGNE
Demain vous reparaîtrez comme amant.
DORSIGNY l'oncle, Cl part.
C'est un tour de mon neveu.
CHAMPAGNE
Et vous épouserez la veuve de M. de Lormeuil; quand je dis veuve , c'est-à-dire veuve de ma façon.
(// rU.)
DORSIGNY l'oncle.
De quoi ris-tu?
CHAMPAGNE
Belle demande : je ris de la mine que fera votre bonhomme d'oncle , quand il reviendra dans un mois , et qu'il vous trouvera marié avec sa fille.
DORSIGNY l'oncle, à part.
3 'étouffe de colère.
CHAMPAGNE
Et le prétendu de Toulon, M. de Lormeuil , qui vous trouvera marié avec sa femme ! c'est plaisant.