‹ Œuvres (volume 5)Chapitre 238 sur 389 · ACTE III, SCENE VIL 3o · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE VIL 3o

votre bilan. En voilà donc encore une; ce qui m'en plaît , c'est que cela ne vous a pas empêché de donner un fëte superbe hier.

DUHAUTCOURS.

C'est une nouvelle affreuse qui nous est arrivée ce matin, un coup de foudre.

FRANVAL

Pauvres gens! un coup de foudre! cela arrive toujours comme cela. Je ne vous reprocherai pas non plus d'avoir, au moment où vous alliez manquer vousmême, poursuivi avec acharnement un débiteur malheureux qui ne vous demandait que du temps , sans aucun sacrifice dont il eût à rougir. Vous me répondriez que c'est précisément ce qui prouve la nécessité de votre opération.

DUHAUTCOURS.

En effet , comment payer nos créanciers , quand nos débiteurs ne nous paient pas?

FRANVAL

C'est tout simple. Un seul mot , honnête et malheureux Durville : on verra ce bilan. Avez-vous bien pris toutes vos précautions? Avez-vous bien clairement détaillé toutes les pertes, toutes les spéculations malheureuses dont vous êtes la victime ?

Nous sommes en règle , monsieur.

FRANVAL

Je n'en doute pas. Par conséquent il sera facile de suivre la trace des cinquante mille francs que vous avez touchés en mon nom. Les paiements que vous avez faits sont authentiques et clairs.

3ocS DUHAUTCOURS.

DURVILLE

Monsieur , mon homme d'affaires doit être ici à une heure ; il vous rendra tous les comptes que vous désirez.

DUHAUTCOURS.

Je prie monsieur de considérer que c'est à la masse que le compte doit être présenté , et que s'il fallait rendre raison à chacun en particulier, on n'en finirait pas. Comme disait monsieur Durville , nous avons une assemblée de créanciers à une heure, ici.

FRANVAL

A mon tour, monsieur, je vous dirai que je n'ai pas besoin des observations d'un inconnu.

DUHAUTCOURS.

Je ne suis pas un inconnu ; je suis l'agent de monsieur et de plus son créancier comme vous.

FRANVAL

Son créancier! Et c'est vous qui le justifiez!

DUHAUTCOURS.

C'est qu'avant tout je suis son ami ; c'est que je crois à ses malheurs, comme a sa probité, et que j'ai pris l'habitude de me regarder comme très-heureux quand je peux, dans un moment comme celui-ci, sauver un quart ou un cinquième de mes fonds.

FRANVAL

Je vous félicite , monsieur , de faire des opérations assez avantageuses pour y perdre impunément les trois quarts de vos avances; mais moi, qui n'ai pas encore pris cette habitude-là....

1CTE III, SCÈNE VIII. knj

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