SCÈNE VIIL
DURVILLE, DUHAUTCOURS, FRANVAL, DELQRME, AUGUSTE.
AUGUSTE
Que viens-je d'apprendre, mon oncle; serait-il vrai? Vous suspendez vos paiements? Vous manquez?
DURVILLE
Hélas ! il n'est que trop vrai , mon cher neveu.
AUGUSTE
Cela ne se peut pas , mon oncle ; vous avez de quoi faire face à tous vos engagements.
FRANVAL
Ah! ah!
DURVILLE
Et d'où sauriez-vous....
AUGUSTE
Je le sais. N'est-ce pas moi qui suis chargé de toute votre correspondance? Hier encore je me félicitais de la situation de vos affaires.
duhautcours, a part.
Oh! l'imbécille jeune homme!
FRANVAL
Eh! que diable aussi, pourquoi ne lui faites-vous pas sa leçon , mon confrère le créancier ?
DURVILLE
Croyez-vous donc être dans la confidence de toutes mes opérations?
DUHAUTCOURS.
Oui, sans doute; c'est à un jeune étourdi comme
3io DUHAUTCOURS.
vous que monsieur Durville ira confier des entreprises délicates!
F R AN VAL
Fi donc ! vous êtes trop jeune , mon ami , trop ingénu pour qu'on vous emploie dans des opérations délicates , comme dit monsieur.
DURVILLE
Ah ! mon neveu , si vous connaissiez le malheur affreux dont je viens de recevoir la nouvelle.
AUGUSTE
Un malheur! en est-il un seul qui puisse vous réduire à cette extrémité ? C'est une honte dont vous ne vous couvrirez pas.
Il va tout perdre.
DURVILLE
Monsieur , quel ton singulier prenez-vous donc avec moi?
AUGUSTE
Quelles mesures aurais-je encore à garder? Ne suisje pas votre neveu, votre ami....
FRA.ÏÏVAL.
Il a du feu , le jeune homme.
delorme, bas a FranvaL C'est ce neveu de monsieur Durville....
franval, bas a Delorme.
Dont ta fille m'a déjà parlé ; un sujet qui s'annonce fort bien. Je t'en félicite pour ma filleule. {Haut.) Messieurs , j'en suis fâché pour vous ; mais plus ce jeune homme m'inspire d'estime et de confiance, plus il me donne mauvaise opinion de vous.
DELORME
Franval , monsieur Durville m'a fait bien du mal ;