SCÈNE III
MALFILARD, Madame MALFILARD, MADEMOISELLE MALFILARD.
MA.DAME MALFILARD.
C'est fort agréable ; prêter son linge , ses couverts î
MALFILARD.
Allons, ne te fâche pas : cela se fait tous les jours entre voisins.
MADAME MALFILA RD.
Oui , et pour la première visite qu'elle nous fait , elle nous emprunte jusqu'à notre appartement.
Enfin, voilà quelque chose. Elle est venue nous voir au moins; et puis voilà des provinciaux avec qui elle a fait connaissance hier, qu'elle invite à déjeuner aujourd'hui , et puis son frère , dont elle parle toujours , et puis une femme de campagne qu'elle attend, et qu'elle veut voir seule , et qu'il faut dérober sur -tout aux yeux des personnes qui viennent chez elle.
MADAME MALFILARD.
Mais quelle peut être cette femme de campagu qu'elle attend?
MADEMOISELLE MALFILARD.
Dame! c'est peut-être sa nourrice.
MADAME MALFILARD.
Une de ses parentes, sa mère peut-être.
MADEMOISELLE MALFILARD.
Il y a quelque chose là- dessous enfin.
MADAME MALFILARD.
Et je ne sais pas, en y réfléchissant, si nous avons bien fait d'accepter son invitation ; moi , je n'aime pas à me lier sans connaître.
MALFILARD.
Allons, ne vous voilà-t-il pas, madame Malfilard, toujours haute et défiante ! Nous ne pouvons pas décemment ne pas nous rendre à l'invitation ; enfin cette femme m'a payé son terme.
MADAME MALFILARD.
Eh! qui vous parle, monsieur Malfilard, de ne pas nous trouver au déjeuner? au contraire, il y faut aller: