ACTE IV, SCÈNE VII. g
BAZIN
Tu me boudes toujours?
MADAME BAZIN
Pas du tout ; vous êtes un homme charmant. Où est donc madame Jacob ?
BAZIN
Elle vient de sortir. Elle a beaucoup d'affaires cette femme-là. Tu ne m'avais pas dit que c'était cette devineresse ?
Vous êtes si curieux ! M'aviez-vous demandé qui elle était?
BAZIN
Elle a beaucoup d'esprit.
MADAME BAZIN
Trouvez- vous?
BAZIN
Beaucoup, beaucoup.
MADAME BAZIN
Vous en parlez avec un feu
BAZIN
Ne vas -tu pas t'aviser d'être jalouse de madame Jacob ?
MADAME BAZIN
Moi ! ah ! mon Dieu , non.
BAZIN
Allons, allons, apaise-toi.
MADAME BAZIN
Je ne me fâche pas.
BAZIN
Tiens , ma chère amie , je sens vraiment que ma conduite avec toi n'est pas telle qu'elle devrait être ; et ,
cj6 LES TROIS MARIS.
comme je le disais hier , j'en veux changer ; oui , je veux devenir tendre, assidu, l'homme aux petits soins.
MADAME BAZIN
Tout comme il vous plaira , monsieur.
BAZIN
Et pour commencer, pour te prouver que je ne veux plus m'occuper que de toi , tout en déjeunant ici , je te prierai de me procurer la lecture de ton journal.
MADAME BAZIN
De mon journal !
BAZIN
Oui , ce registre exact et fidèle de toutes tes actions dont je me reproche de ne t'avoir pas demandé plus souvent la lecture.
MADAME BAZIN
Vous avez raison de vous le reprocher; et cette indifférence de votre part est cause que je ne l'ai pas continué.
BAZIN
Bah ! tu as eu tort.
MADAME BAZIN
11 y a plus de quinze jours que je l'ai interrompu.
BAZIN
Quinze jours , c'est une hagatelle ; que je lise au moins jusque-là.
MADAME BAZIN
Mais de quoi vous avisez-vous, monsieur, de demander aujourd'hui ce journal ?
BAZIN
Moi , je crois te faire ma cour.
MADAME B A Z 1 JN
Vous vous trompez, monsieur , et cette attention est un peu trop tardive.