‹ ŒuvresChapitre 174 sur 345 · ACTE III, SCENE VII. > V · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE VII. > V

Et son frère est jaloux de ses droits sur votre ame? Dès qu'à vous on parait s'attacher, il s'enflamme?.... TÉRIGWI.

Non ; mais...

DABLAIVVILLE.

Avec sa sœur, d'accord pour vous cloîtrer , De plaisir on dirait qu'ils veulent vous sevrer. TERIG> i.

Mais qu'en concluez-vous?

DABLAIVVILLE.

Rien.

TÉRIGNI.

De la défiance.

DABLAIVVILLE.

Ma situation me condamne au silence :

Comme un ami perfide, au moins intéressé, Sans preuves il est vrai , me voilà dénoncé ; S'il m'échappe sur eux quelque vérité franche , On dira que je cherche à prendre ma revanche. Il ne tiendrait qu'à moi , sur leurs propres auteurs , De faire retomber ces soupçons imposteurs ; Mais loin de moi toujours ces moyens misérables ; Non, Fabrice n'est pas de ces amis coupables, Oui , par pur intérêt , feignent d'aimer les gens. Le calcul n'est pour rien dans tous ses sentiments ; Sa sœur n'aime que vous et non votre fortune ; Elle exerce peut-être une gêne importune : Pauvre enfant ! elle a craint qu'on ne vous enlevât ; Effet d'un amour tendre autant que délicat. Vous voyez que je fais leur éloge moi-même. Mais écoutez l'avis d'un homme qui vous aime. Aux tendres nœuds formés par inclination. Plus qu'aux autres , il faut de la réflexion ;

Ne trompez pas sur-tout une honnête famille, Madame Saint- Alard et sa charmante fille ; Celles-ci ! le soupçon ne les atteindra pas , Un sordide intérêt n'a point guidé leurs pas; Vous savez , comme moi , qu'elles sont dans l'aisance. Vingt partis excellents briguent leur alliance ; Par la fille leurs vœux ont été rejetés ; Vous paraissez enfin; c'est vous qui l'emportez. Je ne vois là-dedans qu'amour , délicatesse ; \insi donc elle unit convenance et tendresse, beaucoup de gens tout bas vous traiteront de sot, Si vous y renoncez ; pour moi je n'ai qu'un mot : Ouvrez-lui votre cœur, mon cher, avec franchise; Vous allez lui causer une amère surprise ; Sachez adroitement ménager sa douleur.

TÉRIGNI.

Ah ! oui ; mais quels combats s'élèvent en mon cœur \

Mon amour dès long-temps déclaré pour Sophie ,

Cette Aglaé qu'il faut que je lui sacrifie ,

Ces plaisirs que je crains , qui me semblent si doux ,

Vos doutes sur Fabrice , et ses doutes sur vous ,

Madame Saint- Alard et Clermont et ma mère,

Me pressent à-la-fois en un sens si contraire;....

Entre vingt volontés , entre vingt sentiments

Je me trouve froissé ; quels pénibles tourments

Que l'indécision et que l'incertitude!

Et pourtant au milieu de cette inquiétude,

Oui , le vœu que je forme avec le plus d'ardeur ,

C'est de rester fidèle à la voix de l'honneur.

DABLANVILLE.

Généreux mouvement! il honore votre ame;

Votre indécision n'est pas ce que je blâme:

Voyez quels sont les gens qui vous aiment pour vous.,

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