SCÈNE VIII
TÉRIGNI, DABLANVILLE, FAVEL, DEKLÀNGE.
DERLANGE.
Nous voilà ; nous ferons un repas enchanteur.
FAVEL
Oh! rien n'y manquera.
DERLANGE.
Mais vous semblez rêveur?
TÉRIGNI.
Non.
FAVEL
A l'œil d'un ami jamais on n'en impose; Le mien est clairvoyant : vous avez quelque chose.
DABLANVILLE.
Ne le tourmentez pas, il est fort amoureux.
DERLANGE.
Fi donc! mauvais début; rien n'est plus dangereux.
FAVEL
Les peines de l'amour lui paraissent risibles ; Mais nous n'en rions pas , nous autres gens sensibles.
DABLANVILLE.
Entre deux chers objets il faut qu'il fasse un choix.
a38 L'ENTREE DANS LE MONDE.
DERLAîVGE.
Moi , je les aimerais toutes deux à-la-fois. dablanville , ironiquement.
Oui, vraiment; toutes deux les prendre en mariage!
DERLANGE.
Comment! il s'agirait d'épouser! à votre âge! D'un ridicule affreux vous allez vous couvrir ; A. sa ruine il faut l'empêcher de courir.
FAVEL
Ma sensibilité, sans mentir, est exquise ;
Je n'en trouve pas moins l'hymen une sottise.
On aime, c'est fort bien, mais on n'épouse point.
DABLANVILLE.
K moins que le parti ne soit riche à tel point.
DERLANGE.
Ce n'est plus passion, alors; c'est une affaire.
Mais quand on brûle enfin d'un flamme sincère
DERLANGE.
Bon Dieu! vous les aurez beaucoup plus aisément.
TERIGNI.
Ah ! c'est trop outrager un sexe intéressant !
DERLANGE.
Voilà nos jeunes gens , défenseurs de nos belles ; Pour les novices seuls elles font les cruelles.
FAVEL
Dans le fond, ces vertus qu'on nous prêche toujours, Elles sont, entre nous, bonnes pour le discours.
DABLANVILLE.
Messieurs, votre doctrine est aussi trop commode; Et quoique dans le monde elle soit à la mode, Je vous dirai qu'on peut être inconstant , léger ;