‹ ŒuvresChapitre 330 sur 345 · ACTE V, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE I

LASAUSSAYE.

En vérité?

PAVARET.

Il en avait parlé à sa fille dans ses lettres.

LASAUSSAYE.

Et pourquoi ne m'en avait-il jamais parlé, à moi:'

PAVARET.

Une surprise agréable qu'il voulait vous ménager peut-être. Voilà ce qu'il voulait vous faire entendre en vous annonçant un événement singulier....

LASAUSSAYE.

Eh oui ! vous avez raison; quand j'y pense....

PAVARET.

Elle vous connaît d'ailleurs ; elle a votre portrait,

LASAUSSAYE.

Bah!

Qu'elle a laissé à Rochefort.

LASAUSSAYE.

On ne m'a fait peindre qu'une fois, à dix ans, en Amour , présentant une branche de lilas à mon oncle pour sa fête.

PAVARET.

Apparemment votre oncle lui aura envoyé ce portrait.

LASAUSSAYE.

En effet , on ne l'a pas trouvé dans l'inventaire.

PAVARET.

Voilà ce que c'est.

LASAUSSAYE.

Mais tout ne va donc pas si mal que vous le dites?

PAVARET.

Ah! quand elle a su que vous étiez à Joigny, et

44a LE COLLATÉRAL.

qu'au lieu de la venir voir vous me députiez vers elle , elle a paru piquée, mais très-piquée.

LASAUSSAYE.

Il ne fallait pas dire cela.

PAV ARET.

Sous quel prétexte me présenter?

Ah! c'est juste.

D'après cela vous n'avez pas un moment à perdre.

LASAUSSAYE.

Il faut la voir au plus tôt.... Mais c'est que je suis timide.

PAVARET.

Allons donc , le Lovelace de Villeneuve-sur-Yonne !

LASAUSSAYE.

Oh ! j'entends bien ; allons , décidons-nous.

PAVARET.

Tenez , la voilà.

LAS AUSSAYE.

C'est elle. Elle a vraiment une jolie tournure.

Page 1