ACTE V, SCENE IL
MADAME SAINT-HILAIRE
Yovez donc ce que fait Domingo.
pavaret, a Lasaussaje.
Domingo, c'est son nègre.
MADAME SAI1NT-HILAIRE
Si nous étions à Saint-Domingue , comme le commandeur l'aurait déjà châtié!
lasaussaye,À Pavaret.
Faites-moi le plaisir d'entamer l'entretien.
PAVARET.
Volontiers. Mademoiselle....
MADAME SAINT-HILAIRE
Qu'est-ce que c'est?
PAVARET.
C'est monsieur votre cousin.
LASAUSSAYE.
Oui, ma chère cousine, c'est moi qtti....
MADAME SAINT-HILAIRE
Mon cousin ! M. de Lasaussaye ! Eh ! oui ; précisément , c'est lui-même. Quoique grandi considérablement et changé à son avantage , je le reconnais d'après le portrait que mon père m'a laissé. Tout mon dépit cède au plaisir de le voir. Commençons d'abord par nous embrasser, mon cher cousin.
LASAUSSAYE.
Ma chère cousine... [h Pavaret.') Voilà une réception assez encourageante.
Quand je vous ai dit qu'elle était vive à l'excès.
MADAME SAINT-HILAIRE
On ne m'avait pas trompée ; il est vraiment fort bien.
444 EE COLLATERAL.
P AVARE T
Oh! il ne fait pas déshonneur à la famille. {A Lasaussaje. ) Vous l'entendez ?
LASAUSSAYE.
Pardon , si moi-même je ne me suis pas empressé d'accourir...; les affaires d'une succession qui vous regarde... plus que moi... {A part.) Malheureusement!
MADAME S AINT-HILAIRE.
Laissons cela , mon cher cousin , je vous vois et j'ai tout oublié. Un accueil aussi familier vous surprendra sans doute. Nous avons des affaires très-importantes à terminer , quelque temps peut-être à passer ensemble ; je dois donc sur-le-champ, et du premier abord, vous mettre au fait de mon caractère.
LASAUSSAYE.
Elle est charmante , en vérité.
MADAME SAINT-HILAIRE
Je suis vive, étourdie, mais bonne, sensible, aimante. Mon pauvre père ! comme je l'ai regretté ! comme je le regrette encore ! Ce fut lui qui pendant son séjour en Amérique , comme dans toutes les lettres qu'il m'écrivit, me fit l'éloge le plus pompeux de mon cousin Lasaussaye. C'est à ce témoignage honorable , c'est aux soins que vous lui avez prodigués, que vous devez mon accueil obligeant. J'ai de l'esprit, des manières engageantes , des grâces naturelles , une éducation cultivée; je sais la musique, l'italien; mais je suis exigeante, impérieuse : que voulez-vous? j'ai été élevée en amérique ; dès mon enfance j'ai été entourée de gens qui n'ouvraient la bouche que pour chanter mes louanges. Des habitations , des sucreries, des esclaves; petite-fille de don Antonio-Sébastien Alvarès Velascos, gouverneur de la partie espagnole de Saint-Domingue.. .