‹ ŒuvresChapitre 26 sur 58 · V-<AR tous niment la nier. Au savant elle apporte · texte numérisé non relu

V-<AR tous niment la nier. Au savant elle apporte

Ses splendiJes coraux et ses étuis nacrés.

Le roulis gracieux des navires ancrés

Fait rêver au marchand des gains de toute sorte.

Ses furieux assauts sur les rocs échancrés Font que l'artiste ému conçoit quelque œuvre forte. — Les amants, cœurs brisés, y jettent leur foi morte ; Et le poète rêve au bord des flots sacrés...

l86 AVRIL, MAI, JUIN

Oui, tous aiment la mer. Double comme nos âmes, Tantôt c'est de l'azur uni, — tantôt ses lames Semblent, eu mugissant, se choquer au ciel noir...

Le bonheur s'y reflète, et le chagrin s'y noie. O mer! toujours viendront la tristesse et la joie Rire et pleurer devant ton sublime miroir!

'BiarrilTi.

v^uAND tu t'en vins êcheveléc Offrir à mes baisers tremblants La morbiJesse dévoilée De tes seins solides et blancs,

Ainsi qu'une ardente cavale, Ton flanc palpitait de désir; Le chaud incarnat du plaisir Avait rougi ta face pâle,

l88 AVRIL, MAI, JUIN

Et, lascive, tu m'attiras.

En m'enlaçant de tes deux bras,

Contre ta nerveuse poitrine;

Ma main se trouva sur ton cœur; J'y cherchai la flamme divine:

Il était mort et sans chaleur.

LES VIEUX i\C^IT%ES

Ils étaient ignorants, les vieux maîtres étranges;

Ils mettaient à Pilate un habii peu romain,

A Jésus sur la croix une plaie en carmin ;

Ils faisaient lourdement voler leurs petits anges.

La couleur était aigre, et mauvais le dessin ; Le doux Crucifié ployait mal sous la verge. Ils étaient ignorants! car ils peignaient la Vierge Avec un cœur percé de flèches sur le sein.

XgO AVRIL, MAI, JUIN

Les fonds reculaient mal : des montagnes bizarres, D'un bleu cru, d'ordinaire en faisaient tous les frais. Les devants étaient lourds, les lointains semblaient près.

Et pourtant tout cela, plein de grâces barbares, Vous saisit, et vous dit au cœur je ne sais quoi. Car ils avaient l'amour, car ils avaient la foi !

AVRIL, MAt, JUIN ICI

Loi iSCO'H.T^G'H.E

/\pRÈs qu'on est parti matin, qu'on a marché Bien couvert — et transi, par les brouillards humides, Et que, de tout le poids de ses rayons perfides Fond sur vous le soleil, dans la vapeur caché;

Après avoir glissé sur les pentes rapides.

Gravi péniblement les roches, — trébuché

Sur les gazons mouillés, — et vainement cherché.

Chaste source des monts! les joncs où tu résides...

19a AVRIL, MAI, JUIN

Il est doux de trouver soudain l'air, le repos.

Et les larges aspects de l'horizon superbe,

En se laissant tomber sur un sommet plein d'herbe;

D'y trouver des pasteurs, d'écouter leurs propos Simples et sérieux, et de tremper ses lèvres Dans le lait savoureux et tiède de leurs chèvres.

Pyrénées.

AVKIL, MAI, JUIN IÇ)

VIE 'DES HUITIES

r AUVRE manoir déchu ! tout s'efFondrc... Dans peu, Tes murs, qu'on mettra bas, se vendront pierre i pierre; En attendant, l'ajonc, l'herbe folle, le lierre, De cacher tes affronts semblent se faire un jeu.

La grand' salle est debout encore, vaste et fière: Mais le ciel maintenant lui sert de plafond bleu. Sa haute cheminée engouffre, au lieu de feu. Des jets luxuriants de menthe et de bruyère.

as

Au centre du décembre, un vrai bois de sureaux. Au mur, des liserons, des clochettes fleuries, Enluminant à neuf les vieilles armoiries.

Pour ses hôtes: lézards, mouches et passereaux, La nature, toujours prodigue en moqueries, A pris et réparé le nid des hobereaux.

Saint- V.

V^uAND on a marché dans la route Avec rigueur et toujours droit Parmi les hommes eu déroute, Que le pied saigne en maint endroit;

Lorsque l'on a dans les broussailles Laissé des lambeaux de son cœur, Et que, défait ou bien vainqueur.

On sent la mort dans ses entrailles;

duand on a souffert tour à tour

Et de la haine et de l'amour,

Et qu'on se sent vivre à ses plaies;

Au lieu de geindre et d'implorer, Et de dire au mal: « Tu m'effraies 1 » Il est beau de désespérer.

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