‹ ŒuvresChapitre 28 sur 58 · SONGE D'UNE NUIT DE MAI · texte numérisé non relu

SONGE D'UNE NUIT DE MAI

L-'ANS un bois plein d'oiseaux chantants, Près d'un Uic aux flots miroitants, Et sous les astres éclatants D'une belle nuit de printemps.

Je poursuivais la Fantaisie :

Quand je vis luire, — dnie saisie !

Avec un parfum d'ambroisie L'arbre d'or de la poésie!

Sur mon front j'en tressai des nœuds, Et ce beau feuillage épineux Lui fit un cercle lumineux.

Or, j'entendis rire une fée :

Et je portais comme un trophée Ma tête de chardons coiffée...

i\ l'iigc où, plein de désirs fous.

On rive hasards et ivyages.

J'ai iviilu m'èln'er à vous.

Grands tnonts perdus dans les nuages 1

Ce front neigeux, que l'Orient Teint d'un rose de chiir vivante.

Me fascinait, trop souriant Pour laisser place à l'épouvante :

2l6 A MI-COTE

Si bien, qu'épris du but lointain, Seul, une flûle à ma ceinture, Je suis parti de bon matin Pour tenter la grande aventure.

Je marchais alerte et chantant; Mais, à midi, l'ardeur immense Du plein soleil me brûla tant Que je maudissais ma démence.

Protégeant mes yeux de la main.

J'allais... j'atteignis hors d'haleine Un site frais, à mi-chemin Entre les sommets et la plaine.

Là, me jetant sur le ga^on, A l'ombre, tout près d'une source, Joyeux d'un plus large horizon.

Je nie reposai de ma course ;

Et j'y rêvai d'être un berger

Qui, tranquille au seuil de sa butte.

Accélère le pas léger

De l'heure avec des airs dejlûte...

— L'herbe fraîche oit me fit asseoir Cette Ondine dont je suis l'hôte.

Faut-il y rester jusqu'au soir, Ou gravir la montagne haute ?

A MI-COTB 317

Ici plus de prestiges tvins ; Dtiiis lit grande citirlé brutale L'borreiir sublime des ravins Et des pics foudroyés s'étale.

Et sous mes pieds, dans les lieux bas,

Blaïube d' poussière, la route

Oit la foule mêle ses pas

Suit les prés que maint troupeau broute.

1{ieti d'en bas n'esta regretter; En haut tout est ruine et cendre:

Je suis là, — n'osant plus monter Et tte voulant pas redescendre.

TcATScAGES ET Fc4^Tc4ISIES

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L'E'USEIGTIE

A LÉON CI AnEL

v> 'est un trumeau. Le site est galant à merveille : Un ciel bleu; point d'épis, mais des buissons entiers De roses; et partout débouchent des sentiers Les couples qu'au hasard le Printemps appareille.

Les pimpantes beautés, une perle à l'oreille, Une plume au chapeau, les grands seigneurs altiers Cheminent enlacés, et les fiers églantiers Pâlissent à côté de leur grâce vermeille.

But commun de ces beaux pèlerins, apparaît

Dans le fond un rustique et riant cabaret,

Dont un vert chèvrefeuille embaume les tonnelles.

Aux fenêtres, croisant ses vrilles à plaisir, Le liseron bleuit comme un vague désir... Et sur l'enseigne on lit : Aux amours éternelles!

PATSAOBS BT FANTAISIES

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