‹ ŒuvresChapitre 3 sur 58 · P K É 1 A C B IX · texte numérisé non relu

P K É 1 A C B IX

btsoin d'avertir que sa Muse n'avait point la splendeur robuste des amours païennes} Toute tnotterne, toute parisienne, on l'imagine d'après je ne sais quel bout de portrait délicieux qu'il a tracé un jour en huit vers:

C'ittiit, du bout de la bottine Jusqu'il In pointe des cheveux, Une iiiiturc exquise et fine, Uu corps Jijlicat et nerveux :

Frclc instrument, dont la paresse S'éveillait dès qu'on y toucliait Et vibrait sous une caresse Comme un violon sous l'archet.

Le titre de « Madrigaux amers, » que Valade a donné j quelques-unes de ces pièces, en rend bien le double .tractèrc de subtilité ingénieuse et de sensibilité aigiie, ( .(-• sont des bouquets de fleurs frêles et maladives, aux nuames fuyantes, à l' arôme léger, écloses entre deux pavés de Paris, et frissonnantes comme des scnsitives. Il y a, (■(• me semble, quelque chose de tout-à-fait personnel, dans ces vers oit une analyse singulièrement précieuse se mêle à un sentiment intense de douloureuse et itujuiéte tendresse. On dirait que le poète épris de la fragilité féminine, passionnément curieux et souffrant du monde de complications qu'elle renferme, met cette sorte de dilettantisme mélancolique qu'il donimit lui-même comme le trait marquant de son esprit, à savourer ce qu'il y a de plus délicat dans les blessures du cteur.

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