‹ ŒuvresChapitre 47 sur 58 · PHILIPPE BURTY · texte numérisé non relu

PHILIPPE BURTY

i ANT mieux pour les buveurs puissants qui, d'une haleiu Sans voir la lie au fond, vident leur coupe pleine: Et libre aux curieux dont la passion bout Trop vive, de vouloir épuiser jusqu'au bout L'irritante saveur des voluptés goûtées 1 J'admire chez autrui ces fougues emportées Par qui l'âme, impuissante à le jamais saisir, Poursuit avidement l'infini du plaisir.

Jusqu'à ce que le doute ou le dégoût la blesse. — Mais un raffinement, qui peut-être est faiblesse.

Pour moi met l.i plus forte attraction parmi les fuyantes douceurs que l'on goùtc à demi : Ht les choses vraiment que je prise entre toutes Sont le verre où l'on boit à peine quelques gouttes, L'accord lointain, qu'émiettc une brise à son gré; Le vers su par hasard d'un poète ignore, Les paysages vus en passant, et les fièvres Subtiles d'un baiser surpris au coin des lèvres.

Page 1