‹ ŒuvresChapitre 49 sur 58 · L'ÉCHO · texte numérisé non relu

L'ÉCHO

i\u jardin d'amour, et dans un asile Connu de moi seul en ce doux jardin, Je savais naguère un écho docile Que le moindre appel éveillait soudain.

Dès les premiers mots de ma voix ravie Qu'il me renvoya sans y rien changer, J'y revins sans cesse ; et ce fut ma vie, Toujours et toujours, de l'interroger.

I,BS MATINS )09

Dès que je disais : • Je t'aime I » — «Je t'aime, » Redisait l'écho prompt à me charmer; L'accent variait parfois, non le thème... O monotonie exquise d'aimer I

Loin qu'on dût crier pour s'en faire entendre. Il était fidèle et fin tellement, Qji'il savait doubler en leur langueur tendre Le bruit d'un baiser, d'un chuchotement !

— Cher écho, tapi sous les clématites Qui s'entremêlaient aux blancs syringas, Ai-je provoqué ces douces redites Au point de lasser tes sens délicats ?

L'an n'a pas fini, — tout passe, tout lasse, Tout casse, hormis les vœux monacaux, — Sans qu'à mes dépens je me rappelasse La fragilité des tendres échos.

Et, déception bouffonnement triste !

A mon cri « je t'aime I » — aux pleurs superflus De mon pauvre amour tnihi qui persiste, La voix douce a dit: «Je ne t'aime plus!»

V^UAND je te vis, autour de toi Rayonnait la saison clémente :

Avril fut garant de ta foi, Et comment croire qu'Avril mente ?

A notre premier entretien Le soleil brillait sur les mousses ; Son sourire, comme le tien, Était plein de promesses douces.

Je prenais pour des pleurs pieux La rosée au fond des calices Comme les perles de tes yeux :

Et les fleurs furent tes complices,

Mon amour, crédule à ton gré.

Se prêtait bien à l'imposture ; Mais avec toi s'est parjuré Tout le parfum do la nature.

Peut-être aurais-je soupçonné

Tes yeux trop bleus, tes dents trop blanches,

Si le printemps ne t'eût donné

Le reflet de ses splendeurs franches.

Aussi, depuis la trahison,

Ce n'est pas vous, enfant cruelle

Connue en la verte saison,

due je hais le plus! non, c'est elle,

La saison de mauvais conseil Où les perfides amoureuses Nous endorment, jusqu'au réveil De nos chimères douloureuses.

Et mon cœur, désormais prudent.

Sourd aux mousses ensoleillées, Te prendra pour seul confident, Toi qui f.ùs des rouges fouillées

}ia A MI-COTE

Choir les nids vainements blottis, Automne plein de voix moroses, Par qui les fous sont avertis De la fragilité des choses 1

LE %EG1iET

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