‹ Œuvres, lettres et poésies (volume 2)Chapitre 4 sur 151 · A MONSEIGNEUR LE COMTE d'AVAUX, à Munster · texte numérisé non relu

A MONSEIGNEUR LE COMTE d'AVAUX, à Munster

[A Paris, .... 1644.]

Monseigneur, vous ne sauriez croire combien c'est une chose embarrassante que d'avoir à écrire de temps en temps à une personne qui ne vous fait point de réponse. J'aimerois autant parler à un sourd ou à une muraille. Encore, ce dit-on, les murailles ont des oreilles; et quand on ne me répond rien, il me semble qu'on ne m'a point entendu. U y a plus de six semaines que je tâche à vous faire une lettre, sans en pouvoir venir à bout, et que je songe à vous écrire.

Mais je ne sais bonnement que vous dire, Qui est assez, pour se taire tout coi.

On me pourroit bien dire, peut-être, ce que Vibius Crispus, vir ingenii jucundi et elegantis, dit à un

' Nous avons vu (p. 406) que d'Avaux avait été nommé conjointement avec Abel Servien plénipotentiaire pour la paix à Munster. 11 y était arrivé vers le milieu de juin. On trouve dans la collection in-4de Conrart(t. VI, p. 1151) une relation manuscrite de son entrée dans cette ville et de la réception qui lui fut faite, du 17 au 24 mars.

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