CORRESPONDANCE AVEC COSTAR
leyibus vivant, aleœ solius legibus obedire, in procinctu ludere, fesseras simul et armaportare, in vieioria sua captivas Jieri.
Dites-moi ce que veut dire -zupltômti ' : aulrelois, on appeloit un trictrac, un tablier.
Au reste, j'approuve \oive poùliv^ioç^ cl même la médaille de Vigencre^ Mais croiriez-vous que cordonniers vienne de ce qu'ils donnent des cors? Je le lis, l'autre jour, croire à un bien honnête homme.
Pour ce qui est des mots sur lesquels vous me consultez, je vous dirai ce que j'en ai appris, après m'en être informé. On dit : c'est un cordon bleu; il y avait plusieurs cordons bleus. Mais non pas, il est cordait bleu.
C'est mal parler que de dire : // mange mal, en la signification que vous dites.
Procure et donaison ne valent rien.
Recouvert et recouvré se disent.
// a des finesses les nonpareilles, ne se dit point.
Vous me demandez lequel est mieux dit : uri sauts, ou une saule; ni l'un ni l'autre ne vaut rien. 11 faut dire, un saule. On dit pourtant quelquefois, au pluriel, des sauXf en poésie.
Courre, est plus en usage que courir, et plus de la cour; mais courir n'est pas jiauvais, et la rime de mourir et de secourir fera que les poètes le maintiendront le plus qu'ils pourront. On en peut user deux ou trois fois la semaine.
' Enlreliens, etc., p. 270.
^ B«/iX'.wiioî , danse; d'où, «elon le docteur Crasaot, batler et bal.
'" MédallU', (icmcinllum, suivant Vi•'pn^I^.
128 LEITUES DE VOlllJRE.
Bienfaiteur n'est pas bon ; bienf acteur ne se dit guère : dites, s'il vous plaît, bienf aicteurK
J'ai quelquefois oui dire, netir, en des lieux où l'on parle mal ; mais rùler et regeste, de ma vie je ne les ai ouï dire.
Il faut dire, Pentecôte et couvent; des câpres^ des moules^ des noisettes^ une linotte (ne croyez-vous pas que ce mot-là peut venir de ><v/î? Je n'en sais pas l'accent, mais je sais bien que c'est à dire une chanson).
Le point du jour, et la pointe du jour ^, mâle ou femelle : vous en userez, comme il vous plaira, et selon l'humeur où vous serez '\
Quelques-uns disent encore, chaire, sans que l'on se moque d'eux; mais il vaut mieux dire, chaise.
Jésuiste et jésuite : jésuite, plus communément.
Depuis un an ou deux , on commence à prononcer arbre et marbre, Chypre et chyle.
Fourbe et fourberie se disent, mais avec quelque diversité de signification ; simplesse, se dit encore quelquefois.
Votre présidial de charpente m'a fait rire, et tous ceux à qui je l'ai dit : le gros porte a fait le même eflct.
' Vaugelas, dans ses Bemcmques sur la langue française, dont la première édition est de 1646, se prononce pour bienfaiteur, p. 237 ; le P. Bouhours [Remarques nouvelles , p. 606) pour bienfacteur. L'usage adonné raison à Vaugelas.
' \oyei Lettres familières de M. de Balzac à M. Chapelain, 1656, Elzévir, p. 211.
■' Est-ce une allusion à l'humeur italienne dont Tallemant accuse Goslar {Historiettes, l. VII, p. 8);* — Le liait serait sanglant.
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Relation, comme réparation ; difformité : def ormité, est mort depuis dix ou douze ans.
Deux cents hommes, sans vous arrêter ù l'exemple de deux mille hommes. Il huvoit, iljalloit^.
Après tout, je ne prétends pas rien apprendre aux gentilshommes de Poitou'. Je connois ici de si honnêtes gens de ce pays-là, que cela me donne bonne opinion de tous les autres, et je ne crois pas que ce soit mal parler que de parler comme eux.
J'oublierois bien plutôt mille maîtresses que je n'oublierois M. de Chives, et M. Girard , far nobilc fratrum, et je vous oublierois quasi aussitôt vousmême. Si vous avez quelque commerce avec eux, je vous supplie de me faire la faveur de les assurer que je suis toujours leur très-humble serviteur avec autant de passion que jamais, et que je les supplie de ne vous pas aimer mieux que moi, et de ne me pas faire rinlidélité que m'a faite M. de Balzac, en me quittant pour de nouveaux venus. [M. Chapelain a été touché comme il le dcvoit de tout ce que vous me mandez de lui. Je lui ai fait voir votre lettre, qu'il a toute admirée avec moi]. Adieu, monsieur, et soyez toujours assuré, s'il vous plaît, que je n'aimerai et n'estimerai jamais rien plus que vous. Je suis de tout mon cœur, votre, etc.
' Ces détails sont curieux comme indice des préoccupations littéraires de l'époque ; ils montrent que tout ne fut pas aussi stérile qu'on est porté à le croire, parmi les travaux de celte génération qui précéda immédiaicmeiit le ^'rand siècle.
' Voyez plus haut, p. llS.
^ (iirard, oflicial et arctiidiacred'Angoulômc, ami et commensal de fialr.ar, pour qui il fit la préface placée en lèlc des Entretiens, yoyci plus tianl, p. 119, note 3.
130 LETTBKS l)K VOIllKE.