‹ Œuvres, lettres et poésies (volume 2)Chapitre 64 sur 151 · BILLET XV · texte numérisé non relu

BILLET XV

(R^'ponse'. '1

Je vous demande pardon du mal (jue je vous ai fait, quoiqu à bon dessein et à bonne intention. Je vous avois proposé une chose dont j'espéiois que vous recevriez du divertissement et du prolit en même temps. A l'avenir, je ne vous convierai plus de rien ouïr ni de rien lire que je ne vous en aie fait l'essai, de peur (]ue vous n'en soyez empoisoimé. Ce n'est pas parler improprement, car vous savez le mot de Catulle : sujfcmim omnia colligam venom. Or, il y a des suffènes de toutes sortes, des poêles et des orateurs, et des orateurs sacrés aussi bien que des profanes, qui adorent les ouvrages de leurs mains, qui sont des estimateurs injustes et des amoureux aveugles de tout ce qu'ils font. 11 faut que cet homme dont vous me parlez soit étrangement insupportable, puisque vous ne l'avez pu souffrir, et puisqu'il a mis à bout une patience intinie et épuisé une conq)laisanec que je ne croyois pas moins inépuisable que la

' Kutnliem, p. .'>42. — CosUir, à la recommandalioii de Voilure. Htail allé t-ntendrc un sermon qui lui avait fort ûé\)\u.

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science de ce jurisconsulte, qui est appelé « un puiis qui n'a point de fond, puteus sinefundo, » L'importance est que la vérité n'est pas à toute heure dans ce puits-là, comme lïans celui de Démocrite, au lieu que je suis obligé de rendre ce témoignage de vous, qvie vous voulez toujours plaire et ne voulez jamais mentir. Vous voyez, monsieur, que je lâche par mes douceurs à vous faire passer l'amertume que vous a laissée ce méchant sermon, que vous comparez si plaisamment aux histoires amères d'un récitaleur cruel, s'il en fut jamais en Libye. Pour vous ôter tout à fait ce mauvais goût, si vous voulez, nous irons cet aprèsdîner entendre M. de Lingendes. S'il ne vous remet en appétit, je ne sais point de meilleure invention de vous guérir ; au moins en faudroit-il chercher hors du royaume.

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