A MONSIEUR CHAPELAIN
Vous avez raison de dire tout cela. Mais vous ne sauriez croire combien on a eu d'autres choses à penser durant tout ce voyage ; et si Apollon, que bien connoissez, fût venu lui-même à Narbonne, je dis avec tous ses rayons, il n'y eût été reçu qu'en qualité de chirurgien '. J'en ai parlé cent fois à M. de Chavigny, qui m'a toujours répondu que, pour l'amour de M. de Balzac, il falloit réserver cela au temps où l'esprit de Son Éminence fût plus tranquille, et plus en état de bien goûter ces sortes de choses \ Il m'a donné charge, au reste, de vous prier de sa pa rt de faire de grands remerciements à notre ami, pour les épigrammes qu'il a faites pour lui, desquelles il est merveilleusement satisfait. Adiré le vrai, elles sont Itîs plus belles du monde. Pour ce qui est des vers pour M. le cardinal, ils sont entièrement de Virgile, avec un peu plus d'enthousiasme qu'il n'a accoutumé d'iBn avoir; et pour moi, quand j'aurois les deux bras rompus, je prendrois plaisir à les entendre. S'il y a de la honte, que celui pour qui ils ont été faits ne les ait pas encore vus, la plus
' Voyez plus haut, p. 377.
2 Richelieu gardait rancune à Balzac, pour quelques lignes maladroites sur lui et sur la reine- mère adressées au cardinal luimêmç, en lui envoyant le Prince (1,641). — « Votre ami est un étourdi, dit-il à ce propos à Bois-Robiîrt. Qui lui a dit que je suis mal avec la reine-mère.^ Je croyois qui'il eût du sens, mais ce n'est qu'un fat. » Voiture était trop de la cour pour ne pas se rappeler cette anecdote, et la maladie de Son Éminence vient là fort à propos pour le tirer d'embarras. Plus lard quand Balzac, cherchant un patron pour son Arisiippe, eut envie de le dédier au cardinal Mazarin, ce fut encore Voiture qu'il mit en jeu pour la négociation. 11 ne réussit pas mieux, sans qu'il y eût cette fois de sa faute, j'aime à le croire. Voyez la lettre de Balzac à Chapelain, en janvier t644. I. " 3:î
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grande pallie en relomJ)e sur M. de la Victoire', qui en étoit principalement chargé. Pour moi, j^ai eu en cela tout le soin et tout.e l'affection que je devdis avoir, et sans mettre eii considération le poids de votre recommandation et la piassidh que j'ai à servir M. de Balzac, j'aurois, Je yous, jure, sollicité aussi ardemment pour un homme du fond de la Suède, qui auroit fait ce que vous avez envoyé ici. toute la faute que j'ai faite est de ne voi is avoir pas écrit plus tôt; mais vous m'en avez bien { »ardonné d'autres, et m'en par- •donnerez encore, puisqaieje suis, monsieur, votre, etc.
Post'ScripHm,. — [J e fis voir à M. de Chavigny ce que vous me mandiez t le raffection qu'avait pour liji le duc de Longueville^ ; il tiie sembla y prendre granfd plaisir, et me confirm.a (comme il m'avoit dit déjà beaucoup d'autres foi s) qu'il n'y avoit personne en France en l'amitié de « im il se confiât plus, ou de qui il fut plus véritablemen 1 fteitrés-humble serviteur \]
\AH. — A îtlOTvSrE^R ' ESPRtT * .
A Nîmes, le 27 juin 1642.
Monsieur, on peut di une 'de votre lettre, aussi bien qiïe du chariot du sol fii-l (enssiez-vous pensé que !<•
' Claude Duval de Goupea «i^'iile, abbé de la Victoire. Ce fui Vol- . ture qui le présenta à la rei we, et ïl se fourra après dans la société de M. le Prince. Voyez tlUloricim^ t. iV, p. 87.
' Le duc de Longueville é WK le Mécène de Chapelain.
2 Première édition, p. 44' U
< Mss. de Conrart, p. 67 1 . -=- ïacques EsfJï4l, de l'Académie française. Voyez Tallemant, Uis, miéde^, t. VII, p. 84.