‹ Œuvres, lettres et poésiesChapitre 13 sur 127 · XX DE LA VIE ET DES OUVRAGES · texte numérisé non relu

XX DE LA VIE ET DES OUVRAGES

temps sa vertu et son talent. Voiture répliqua en se jouant à son ordinaire : « Cette lettre, disait-il, qui est fort belle et même flatteuse au commencement, a une fort vilaine queue : Atrum desinit in piscem... Quand vous auriez passé votre vie sur les hauteurs d'une colonne, ou dans les déserts de la Thébaïde, vous ne parleriez pas d'autre sorte. »

A deux ans de là, comme il eut attrapé la cinquantaine, il tomba amoureux de M"« de Rambouillet S et s'étant pris de querelle à son sujet avec Chavaroche, l'intendant de la maison, ils se battirent la nuit, aux flambeaux, dans le jardin même de Thôtel.

« Voiture, rapporte Tallemant , ne survécut guère à cet exploit; le jeu lui avoit fait venir la goutte; peut-être les dames y avoient-elles contribué. Il mourut au bout de quatre ou cinq jours de maladie, pour s'être purgé ayant la goutte. »

J'ai dit que la fidèle M'»» de Saintot l'assista jusqu'à ses derniers moments; la fille de Renaudot, le gazetier, qu'il avait brouillée avec son mari, accourut de son côté, ce qui fit dire à M'ie Paulet qu'il était mort comme le Grand Seigneur, entre les bras de ses sultanes. Il avait eu deux filles, l'une qui reçut le nom de La Touche, et qui fut chez la marquise de Sablé et ensuite chez M'"" Le Page; elle mourut vraisemblablement avant son père. L'autre devint religieuse, au rapport de Tallemant, qui mentionne le fait, sans dire ni quelle était sa mère, ni ce qu'elle devint. Ses neveux, qu'il avait pourvus avantageusement , Pinchêne , et deux autres, dont l'un, devenu chanoine de Laval, puis grandvicaire de Notre-Dame, à la sollicitation de M"'<' d'Aiguillon, résigna sa chanoinie à son frère ou à son cousin , s'éteignirent également sans postérité.

Voici le moment de parler des lettres et des autres ou-

' C'était la plus jeune des filles de Mn'e de Rambouillet (Angelique-Claricc d'Angcnnes), qui épousa en 1658 le comte de Grignan.

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