XXXII DE LA VIE ET DES OUVRAGES
tar (8") : en tout vingt et une. En revanche, trois qui étaient dans la première édition, sans parler d'un grand nombre de post-scriptum et de tins de lettres , avaient disparu de la seconde. Sur ces trois, il y en avait une « à M^e de Rambouillet, en lui envoyant le roman de Polexandre, » qui avait été attribuée faussement à Voiture ; elle était d'Arnauld le carabin.
Trois autres éditions, conformes en tout à la seconde, se succédèrent de 1650 à 1656. C'est sur un exemplaire de Tédition de 1656 (la 5*), conservé à la bibliothèque de l'Arsenal, que se trouve porté à la marge le précieux commentaire, découvert par M. Soulié, qui l'attribuait à Huet, et que M. de Monmerqué a démontré être une copie (incomplète encore) du travail de Tallemant sur Voiture.
Le privilège accordé à Courbé ayant passé successivement aux libraires Thomas Jolly et Louis Billaine (1657), et de ceuxci à Guillaume de Luyne, puis à la veuve Mauger (1678 ) et à Claude Robustel, les œuvres de Voiture furent réimprimées en huit ou dix éditions in-12, de 1657 à 1745, avec quelques additions de pièces et de fragments, tels que le fragment de l'Éloge du comte d'Olivarès, et Y Histoire d'Alcidalis et de Zélide, mais sans aucun changement dans Tancien texte, et toujours avec l'accompagnement des malencontreuses étoiles dont le mystère devenait de plus en plus impénétrable.
Ces difficultés achevèrent de dégoûter de la lecture d'un auteur, d'ailleurs passé de mode; et, à partir de 1745, le public cessa tout à fait de s'occuper de Voiture. Frappé de cet abandon, où il entrait pour le moins autant de la faute des premiers éditeurs que de la sienne propre, j'essayai, il y a une dizaine d'années, de remédier à leur insuffisance. La tâche était, sinon aisée, du moins possible. La découverte du commentaire de Tallemant à l'Arsenal, la publication des Historiettes par M. de Monmerqué, et surtout les précieux manuscrits de Conrart, où il y a tant à découvrir encore , éclaircissaient beaucoup de passages obscurs et permettaient de combler un grand nombre de lacunes. Je commençai dès lors à amasser les