‹ Œuvres littérairesChapitre 146 sur 262 · REMBRANDT · texte numérisé non relu

REMBRANDT

N'approchez pas le nez aussi près, Monsieur! La peinture est malsaine et la

rudesse des coups de brosse pourrait produire à la délicatesse de votre ner!

optique, des sensations pénibles qui vous feraient juger mal de mon lableau. Voyez, à la distance.

C'est que je remarquais le peu de fini et de... REMBRANDT.

Peu importe, Monsieur! Un tableau est fini quand Farliste à atteint le but qu'il s'élait proposé, c'est-à-dire lorsqu'il produit sur l'âme du spectateur l'impression qu'exige le sujet.

Permettez-moi de vous faire observer que cette draperie n'est pas peinte d'après nature; que ces sortes d'éloffes donnent ordinairement des demi teintes moins colorées, et, sur le passage de l'ombre à la lumière, des nuances un peu moins tendres.

\EMBRANDT.

Mon cher Mousieur, que vous èles minutieux el que vous connaissez peu les mystères de l'art! Sachez que ces négligences sont à propos. Mais je cesse de vous le dire, je vois que ce raisonnement est au-dessus de votre portée et que vous n'avez pas encore franchi ces bornes qui séparent le maître de l'élève.

Apprenez, Monsieur, que ces élèves ne päliront point à coté des grands maitres de votre siècle.

IL nous suñit que le public nous admire! Eh! si nous obtenons ses sullrages, n'est-ce pas une preuve évidente de notre supériorilé ?

Les ouvrages que nous Vous présentons doivent assez vous prouver que

Part ne fut jamais porté à un aussi haut degré de perfection.

(Les ombres, indignées de tant d'orgueil, s'éloignent en planant avec majeslé; éblouissantes de gloire, elles vont s'asseoir sur des trûnes d'ivoire, onbragés de lauriers.)

jf |

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