SUPPLIQUE
\ MM. LES MEMBRES DU JURY DE L'EXPOSITION DU LOUVRE ET AU [RES SOUVERAINS JUGES DES ARTS, LES FEUILLETONISTES DE PARIS,
Messieurs,
L'exposition du Louvre étant prochaine, el désirant y envoyer un de mes ouvrages, permeltez, qu'à l'exemple de mes confrères, je vicnne aussi, près de vous, solliciter quelques faveurs particulières.
Avant de vous spécifier la grâce que je réclame, messieurs, je me permettrai de vous dire en deux mols ce que je suis el ce que je pense sur on est absolument nécessaire pour vous
certaines choses. Cette digre aire comprendre l'étrange demande que je prends la liberté de vous adresser aujourd'hui.
Presque persuadé d'avance que vous allez être indulgents à mon égard, messieurs, je vais vous parler avec Loute la franchise possible, en oubliant vis-à-vis de vous ces vaines formules de la modestie, qui, selon le philosophe, n'ont été inventées que pour ménager l'amour-propre de ceux à qui l'on parle.
Et d'abord, je vous dirai, messieurs, que j'ai le malheur de ne pas ètre Français; et ce qui est un malheur plus grand, j'appartiens à cette nation sur laquelle vos écrivains ont dit de si singulières choses : je suis Belge, messieurs, et né sous la plus ficheuse étoile qui se puisse rencontrer ; je n'ai aucune des qualités qui conduisent leur homme à la fortune, qui font dire aux gens que l’humble modestie Halte toujours : Voilà un bon enfant, il faut le pousser.
ant, imprudent, indocile : c'est moi, sans vanité, qui,
Je suis imprév
l'an dernier, ai eu l'honneur de vous envoyer sous mon nom un tableau de
Rubens, que vous trouvâtes fort mauvais. Pardonnez-moi, messieurs,
d'avoir ainsi exposé au public votre belle compétence en matière de pein-
Publié dans le Précurseur d'Anvers du 16 mars 1841
PO
Lure. Je dois aussi, en passant, m'exeuser auprès de messieurs les feuilletonistes, d’avoir eu l’impudence d'ouvrir un concours liltéraire sur celte
queslion irrévéren£te :