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DE LA PEINTURE EN BELGIQUE

QUELQUES IDÉES SUR UN NOUVEAU MODE D'ENCOURAGEMENT DE LA PEINTURE EN BELGIQUE.

Les chefs-d'œuvre des arts et, en général, lout ce qui honore le génie de l'homme, doit son existence aux efforts constants d'une noble émulation, à la force surnaturelle qu'inspire l'amour de la gloire. Sans l'amour de la gloire, sans l'enthousiasme qui toujours l'accompagne, l'on ne produit que des œuvres médiocres. Presque Lous les siècles nous ont laissé des témoignages de ce que peut l'esprit porté à l'enthousiasme; mais c'est surtout dans les temps les plus reculés que des idées de gloire ont animé les hommes. Autrefois, l'artiste, le guerrier, le poëte n'ambilionnaient pour prix de leurs travaux qu'une simple branche de laurier. Aujourd'hui, nous ne voyons plus de ces sublimes folies; nous sommes plus sages, plus modestes, mieux pensants; ce n'est point à des palmes chimériques qu'aspire notre imagination positive, el de chimère qu'il était, l'or, qui nous fail vivre de notre vivant, est devenu le but de nos aspirations. Nous sommes dans un siècle de progrès, el l'on voit que l'intelligence humaine a fail aussi du chemin. Le poëte s'est fait homme ; il a appris à manger, el, avant tout, il a horreur des AZuses crottées.

C'est au sein des grandes cités et de la capitale de la France surtout, que se manifeste celle funeste lendance vers les idées prosaïques et mereantiles; là, les besoins de la vie matérielle commandent tellement à tous, et pour les satisfaire, il est si nécessaire de se conformer aux chan gements incéssants qu'imposent les caprices de la mode et le goût de la nouveauté, qu'il est impossible, même au génie le mieux constitué, de se livrer avec constance aux études sérieuses. Paris est un foyer corrupteur

* Liége, Félix Oudart, 1844, extrait de la Revue belge, brochure in-8° de 16 pp.

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