‹ Œuvres littérairesChapitre 16 sur 262 · HER · texte numérisé non relu

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serpenter davantage ses lumières et enchaîne ses masses de telle sorte qu'elles produisent, non-seulement de beaux effets, mais encore expriment des mouvements et des passions. L'un à dans son elair-obscur une certaine mollesse, une certaine grâce efféminée que l'on tolère dans les sujets doux et tranquilles; l'autre à dans le sien des qualités mâles et accentuées, qui expriment le mouvement, les sujets d'une haute portée et d'une erance étendue. Enfin, le clair-obscur de Corrége semble être femmes; celui de Rubens plait

fait pour plaire à des monde, mais surtout aux esprits

vénéralement à tout le initiés aux grands secrets de l'art.

Des systèmes d'école ont fait quelquefois préférer le clair-obseur de Rembrandt à celui de Rubens; il ne faut qu'un peu de connaissance de l'art pour reconnaitre combien cette préférence est injuste.

Le clair-obseur de Rembrandt n'offre le plus souvent que deux masses distinctes et uniformes, l'une toute clair, l'autre toute noire! Ces masses, essentiellement monotones, ne peuvent fournir les ressources qu'exige la couleur. Le jeu de la lumière et de l'ombre, cet entrelacement continuel de clair et d'obseur, les passages fins de la demiteinte, tous les accidents variés enfin dont les plus grands coloristes ont fait si bon usage, Rembrandt ne les possède qu'à un faible degré. Son clair-obscur donc ne peut guère entrer en parallèle avec celui de Rubens, si ce n'est sous le rapport d'une certaine vigueur d'effet, qu'il nous suffirait de comparer à la Chute des réprouvés, à la Descente de croix et à beaucoup d'autres toiles, pour prouver que

zubens, quand il le voulait, savait aussi donner à ses effets de lumière de ces aspects piquants, vigoureux et fantastiques, sur lesquels Rembrandt semble avoir fondé

la plus grande partie de sa gloire.

En tout ce que nous venons de dire, nous avons vu Rubens supérieur à ses rivaux, dans l'invention, la composition, le dessin, l'expression, le coloris, le clairobscur, Il nous reste à le comparer aux maîtres les plus habiles, dans la pratique de l’art.

Nous voilà arrivés à ce dénouement suprême où le héros se montrera dans toute la puissance de sa force et de sa gloire.

Achille pour la dernière fois va combattre.

Si le génie de Rubens est extraordinaire dans la théorie, il l'est davantage encore dans la pratique. Sa facilité est telle qu'il semble, comme un dieu, n'avoir besoin que d'un acte de volonté pour l'accomplissement de ses œuvres.

Veut-on se faire une idée de cette prodigieuse aptitude? établissons un concours, évoquons un instant ces grands maitres, voyons-les accomplissant une œuvre d'art. Voyons Rubens, Titien, Véronèse, Rembrandt, Velasquez, la palette à la main, devant une toile prête à recevoir les inspirations de leur génie.

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