APPEL AUX ECRIVAINS BELGES
Qui veut peut.
Les préventions qui existent en Belgique en faveur de la France sont
aussi ridicules, aussi exagérées que celles qu'ont généralement les Frangique. Tout ce qui arrive de Paris, œuvre de science,
vais contre la B d'art ou d'industrie, prend à nos yeux des formes imposantes : il n’est pas une nouveauté, venant de la grande ville, que nous ne recherchions avec empressement; pas une mode que nous n'adoplions, pas un mauvais drame que nous n'admirions, pas un insipide roman que nous ne lisions avec avidilé et enthousiasme. Aussi, avec quel délice les Français exploitent notre crédulité et notre bonhomie ! Cette funeste admiration que nous faisons éclater à l'aspect de tout ce qui nous vient de France, a tellement gonflé l'orgueil de nos voisins, que la Belgique, à leurs veux, n’est qu'un pauvre pelit coin de terre ineulte, stérile, el ses habitants des espèces de barbares qu'on amuse avec des riens.
Quiconque à lu les relations de la plupart des écrivains français sur la
Belgique, quiconque y a lu les sarcasmes, les insultes, les grossières plaisanteries adressées aux Belges, écrivains, artistes, hommes politiques, à la nation entière, en un mot, peut se faire une idée des énormes préventions à Lravers lesquelles ces messieurs nous jugent et nous considèrent.
Ces préventions, ces préjugés, que malheureusement semblent partager ceux qui chez nous devraient plutôt les combattre, sont, on ne peut le nier, une véritable calamité, une chaîne pesante qui tient en laisse le ivains et de nos industriels. L'œuvre
génie de nos artistes, de nos 6 dramatique d’un compatriote, par exemple, peut-elle réussir au théâtre ;
les ouvrages de nos peintres, de nos musiciens, les produits les plus admirables de notre industrie peuvent-ils avoir quelque chance de succès
sans avoir oblenu la sanetion parisienne ?
* Licge, FGlix Oudart, la couverture portait pour litre : {e Secret du Diable.
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La Belgique intelligente, il est triste de l'avouer, est la très-humble esclave de la France.