Î. PEINTURE INDÉPENDANTE
Jusqu'à ce jour, la peinture fut esclave, traitée comme marchandise, soumise à tous les caprices d'amateurs.
La peinture indépendante s’affranchil de ces servitudes ; elle brave l'influence de la mode, elle secoue le joug des fantaisies individuelles et des systèmes en vogue. Elle n’a en vue ni la déco ration, ni l’'ameublement; le but de ses efforts n'est point le lucre; elle vise aux qualités artistiques, elle cherche le beau et le vrai, consacrés par les siècles. En un mot, la peinture indépendante n'entre point dans le commerce et ne s'adresse qu'à l'intelligence.
* Nous réunissons sous cette rubrique, les divers morceaux que l'artiste avait écrits en caractères d'imprimerie, sur Loile, sur zine, où sur papier, et qu'il avait aflichés dans son atelier, comparant cette publicité à celle du Pasquino romain.
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Il. APPEL A LA’ CRITIQUE.
La critique n'est qu'un besoin de l'amour-propre, à dit un philosophe, el la louange et le blâme ne sont que les vengeances de la vanité.
Quoi qu'il en soil, il faut, à propos de la critique, dire une bonne fois une chose importante, une chose qu'on n'a jamais dite, qu'on n'a jamais pensée, qui semble incroyable et qui cependant osL vraie, une chose que l'on peut prouver, et prouver d'une manière irréfragable; eetle chose, la voici :
En peinture, l'absurde même se justifie.
Queile que soit la sagacité du critique, quelle que soil la justesse de ses observations, le peintre qui sait discuter et qui veul diseuter battra en brèche toutes ses argumentations.
C'est qu'en peinture il n'y a pas de règles fixes; c'est que la règle, c'est le goût individuel ; c'est que l'artiste qu'on altaque peut avoir sa règle à lui, sa règle qu'il s'est créée, sa règle que vous ne connaissez pas, sa règle que vous ne pouvez condamner cependant sans la connaitre.
L'auteur de ces lignes ferd, un jour, une expérience curieuse ; il soutiendra publiquement deux thèses contraires ; dans l’une, il prouvera que ses œuvres sont irréprochables ; dans l’autre, que ses œuvres n'ont pas un pouce carré sans défaut.
Cela fait, il invitera les critiques à choisir La thèse qu'il leur plaira de défendre, sa tâche alors sera de les combattre victorieusement.
LA Discussion ! LA piscussion ! tel devrait être la réponse de tout artiste à l'attaque de tout critique. Mais d'ordinaire, le critique ne diseute point, le critique a pour arguments les diatribes, les impertinences, les personnalités. Le critique a peur, il est eraintif, il est poltron ; ce qu'il a à dire, il le dit à l'oreille, l'écrit dans un album, sur un mur à l'écart, ou dans un obscur journal où il sait qu'on ne lui répondra pas.
Est-ce à dire que tous les critiques soient ainsi faits? Non; le véritable erilique, le critique officieux, le critique utile, le critique qui se fait écouter, le erilique que l’on aime et dont on peut tirer profit, c'est celui qui,
sans façon, prend l'artiste à part, dans un petit coin, el, comme à un ami, comme à un frère, lui soumet ses objections et les discute avec lui.
Il faut que le peintre essaie les changements indiqués, qu'il les essaie en présence du critique même. Les correclions les mieux senties, les observations les mieux raisonnées ne sont appréciables qu'après le travail da pinceau, appréciation palpable du conseil.
Et qu'on ne pense pas qu'une appréciation rendue publique forme le goût publie. Si l'application n’est point discutée, le doute est là, toujours là, et la foule, avec son gros bon sens, adresse à la critique ce mot peu français, mais énergique : BLAGUE !
L'auteur de ces tableaux attend le critique, le véritable; il l'attend, la brosse à la main. Ses conseils seront strictement suivis, ses corrections nettement appliquées, toutes ses observations mises à profit. . . . . . s’il parvient à prouver qu'il a raison.