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IT. HGALITÉ DES TÊTES HUMAINES

Nous naissons lous avec les mêmes facultés. Il est entendu que nous exceptons les organisations incomplètes. Nous avons tous dans la cervelle ue qu'avait Cicéron, ce qu'avait Vollaire, ce qu'avait Michel-Ange.

il n'est pas vrai que l’on naisse poète, peintre ou musicien. Le hasard, les cireonstances, l'accident seuls font les hommes supérieurs.

fl en est tels que l'accident développe dès l'enfance, tels que l'accident ne développe point en soixante années de vie.

Voltaire écrivail à quinze ans, Jean-Jacques commençait à écrire à quarante.

Tout homme, non favorisé des circonstances, peut au moins espérer dans le temps.

Le temps, là est la question.

Euire bien n'est qu'une question de lemps, avons-nous dit. Si vous êles studieux, — el vous pouvez l’êlre, — n'est-il pas vrai que chaque jour vous apprend quelque chose? Reprenez l’œuvre que vous avez laissée, il y a dix ans, vous ferez mieux; reprenez-la dix ans plus tard, vous ferez mieux encore,

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Vivre trente ans est une chance de suecès ; vivre soixante cest une chance plus grande encore. Vivre toujours serait le pouvoir d'accomplir des merveilles.

Ceux qui font vite et bien sont des hommes d'accident.

Égalité des facultés en loute tête humaine ! Puissent ces paroles retenlir jusqu'aux extrémités de la terre, exaller lous les esprits, stimuler ces milliers d'êtres nuls, qui ne sont nuls que parce qu'ils croient l'être !

La puissance humaine est ce qu'il y à de plus fort, de plus grand dans là nature.

L'idée de Dieu conçue dans le cerele de notre intelligence, n'est autre que l’idée de notre propre grandeur.

Dieu c’est l’homme !

Cessons de nous croire petits, cessons de nous humilier. Si le magicien qui roule en ses doigts lous les mondes nous montrait le double fond de ses gobelets, ses miracles ne seraient plus des miracles.

Étudions avec audace l'immortel prestidigitateur, suivons des veux ses mouvements, ses tours de main; à force de le voir faire, nous ferons aussi quelque chose.

Vous, qui avez trouvé le fil qui porte, en une minute, la pensée d’un pôle à l'autre, persévérez, vous trouverez bien d’autres fils.

Que, dans nos travaux, le sentiment de notre pouvoir illimité nous dise à chaque instant : Tu peux aller plus loin.

Nos pères, dans des siècles obscurs encore, tremblaient, eriaient à l'impiété devant les découvertes de la science. O0 Galilée! Ô Vésale! que n’eussiez-vous point fait, libres, et forts de nos convictions! Dans le temps bonhomme où Raphaël et Michel-Ange, ces heureux enfants de l'accident, travaillaient comme des maçons, — l’œuvre terminée, la tâche remplie, tous les efforts étaient suspendus. Rien, rien ne révèle, dans les modestes ambitions de nos pères, cette voix intime qui dil : Efface, recommence et fais mieux.

Quand, dans l'avenir, des hommes d'accident seront mus par cette pensée, qu'il est possible de monter, de monter toujours, même jusqu'aux cieux, la gloire de nos aïeux alors sera bientôt éclipsée.

Effacer sans cesse, chercher sans cesse à faire mieux, telle est la devise qu'inspirent les grandes révélations de notre siècle et ses merveilleux progrès. Méprisons les reproches lancés par les limides, au nom de la modestie. La modestie n’est qu'une fausse vertu inventée pour Matter l'amour-propre d'autrui. Oublions ces pelilesses.

Tout homme est fort, grand, puissant; tout homme peut quand il veut; tout homme contient un grand homme.

Pour nous, bien convaineu qu'au temps, sinon à l'accident, est due la

perfeclion des plus grandes choses, nous osons dire : Donnez-nous le temps, et nous crécrons un nouveau soleil.

Notre foi dans la force humaine sera, un jour, nous l'espérons, partagée de tous.

Niera-t-on, par exemple, que l'humanité loujours progresse ?

Le chef-d'œuvre de la création, l'homme, n’est pas encore achevé.

La nature sans cesse travaille. Pour elle aussi :

J'aire bien n'est qu'une question de temps.

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