‹ Œuvres littérairesChapitre 18 sur 262 · ÉCOLE FLAMANDE DE PEINTURE · texte numérisé non relu

ÉCOLE FLAMANDE DE PEINTURE

À Messieurs les Membres de l'Académie, (classe des beaux-arts).

Messieurs,

Au point de vue où j'ai traité la question du concours, j'étais loin de m'attendre à une récompense.

J'ai osé n'affranchir de certaines exigences du prooramme. Je me suis permis d'éviter ce qu'il avait de stérile, pour n’en voir que le côté important, le côté utile, nécessaire, glorieux pour le pays.

() Ce mémoire, couronné le 24 septembre 1865, a paru en 1854 dans les Mémoires couronnés Ue l'Académie. La lettre-préface est inédite. Les planches lithographiques el les bois gravés, employés pour la présente édition, sont les mêmes que ceux qui ont été exécutés sous les veux de l'artiste et revus par lui, pour servir à la publication académique. >

ee

J'ai osé, malgré certains engoueme nts, citer courageusement l'école de Rubens, comme seule digne du nom flamand.

J'ai osé, ce qui est plus fort, passer sous silence Ia peinture primitive, qui, selon moi, n'est point l'école flamande et dont le caractère peu national est un exemple dangereux pour notre école moderne.

Je me suis permis encore de dire des choses qui soulèveront peut-être bien des colères. J'ai signalé les causes fatales de la dégénérescence de notre école. J'ai exprimé cette pensée dominante de mon travail :

« L'école de Rubens possède les plus hautes qualités de l'art. C'est à cette école que nos peintres doivent demander des enseignements, c’est dans cette école qu'ils puiseront la vraie science, la véritable originalité. C'est en faisant revivre cette grande école qu'ils S pourront Continuer notre ancienne réputation, notre vieille gloire artistique, »

Malgré tout cela, Messieurs, vous avez fait bon accueil à mon œuvre.

Vous avez oublié un instant le programme, pour vous associer à ma pensée.

J'ai osé attaquer et vous avez applaudi.

Je vous remercie. Votre approbation est un acte de courage répondant à un autre acte de courage

Poursuivons, Messieurs, nos tentatives de révénération; et puisse cet accord exercer une salutaire influence sur l'avenir de notre école moderne !

Agréez, ele,

\WIERTZ.

Page 1