PENSÉES DIVERSES
C'est dans les ouvrages d'inspiration qu'il faut juger les artistes:
lien n'est indiene d'exercer notre imagination, et le peimtre
surtout doit être universel ; il est l'intelligence la plus rapprochée
du créateur; il est son imitateur le plus direct. Dieu, qui créa
Fhomme, voulut bien aussi créer l'araignée. Aprés avoir peint un
Apollon, pourquoi ne peindrais-je pas une grenouille ?
Une belle conception religieuse peut être un fort mauvais tableau. Le peintre doit avant tout faire une bonne peinture et
laisser faire de la morale au curé.
Renoncer aux sujets idéals, c'est renoncer à un dou du ciel,
La grandeur d'une composition tient moins aux dimensions qu'au style (1833).
On voit Rome moins pour apprendre à exécuter que pour
s'agrandir l'imagination.
Dans une harmonie claire, il faut procéder par masses bril-
lantes.
Si vous dépouillez un artiste de tout ce qu'il a emprunté à l'expérience des autres, il ne lui restera qu'un vingtième d'originalite.
L'originalité isolée ne peut constituer un talent remarquable.
Vous répondrez, peut-être, Monsieur, que toutes les fois qu'un pemtre suit ses propres inspirations, 1] fait mieux, et vous citerez à ce propos les petits tableaux de M. Ingres: puis vous dites « Ici, M. Ingres n'a pas pensé aux fresques du Vatican, il ne pensait point aux madones de Foligno. » Cela est vrai, Monsieur; mais il pensait aux tableaux hollandais, à l'harmonie et à la couleur du Titien. Ah! Monsieur, qu'il vous manque de réflexion toujours! Ne vous apercevez-vous pas que, si vous êtes homme de goût, c'est
grâce à la vue des plus belles choses connues qui ont forme ce
eme
woût. Ne voyez-vous pas que, si une chose plaît à votre goût, c'est que cette chose ressemble à celles qui ont formé votre jugement. C’est pour cette raison, sans doute, que vous vous écriez devant les petits tableaux de M. Ingres : cest digne d'un maître hollandais! Souvenez-vous, Monsieur, que les belles choses doivent ressembler aux belles choses par un côte au moins, sous peine d'être d'une
originalité peu louable.
« Rien n’est beau que le vrai. » On a singulièrement abuse de ce
mot.
Notre siècle, c'est le détail niais, puéril, facile. Le poil des sourcils à l’Apollon du Belvedere. des Pyramides. Voilà vos
Tailler l'arête des grandes assis recherches archéologiques, vos petites menées, vos petits détails.
Art bourgeois! art des myopes !
Au caprice individuel opposons la raison universelle.
Il faut grefter : le fruit est meilleur.
Se