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A L'EXPOSITION UNIVERSELLE

Ce qui frappe d'abord, ce n'est point ce que les hommes font aujourd'hui, mais ce qu'ils feront plus tard.

Le génie humain commence à se familiariser avec la puissance de Ja matiere.

Un premier pas est fait vers la conquête du ciel.

Les causes qui régissent les petites choses sont les mêmes qui souvernent les grandes. Étoile ou grain de sable, tout est soumis

À s aux mêmes lois.

J'ai vu une machine mue par l'électricité, L'éleetricité! étudions cette ficelle ; une fois connue, nous serons maîtres de l'attraction.

Soleil, prends garde à toi !

Voici une machine dont les mouvements sont multipliés à l'infini. Ici son corps va et vient; là un autre tourne vite ou lentement, s'arrête où se repose à propos. Pourquoi ce cuivre bat-il réeulièrement comme le cœur? Pourquoi cet autre se glisse-t-il comme un musele sous la peau? Je vois un tube où l'eau coule comme le sano: dans les veines; le tube s’engorge, il va éclater. Ü prévoyance divine. de l'homme! une soupape se lève, le liquide s'échappe, la vie continue. Ces gouttes d'eau et cette graisse qui tombent par intervalle sur ce membre agité sont pour le rafraîchir et l'alimenter. O prévoyance divine... de l’homme! cette machine done se ment, boit, mange, travaille. Cette machine pense-t-elle? Je ne sais: son créateur doit le savoir. Tout ce que je sais, c'est que je vois sortir de ses mains un fil de soie, où une bobine de coton, ou un tissu brillant, semé de fleurs, de fruits, d'arabesques aux mille et mille couleurs. Et com-

ment tout cela se fait-il? L'inventeur le sait. Cette machine, cette

forme mouvante, cet animal, enfin, qui travaille et produit des

choses utiles, merveilleuses, n'est-il pas, comme le bœuf, l'âne et le cheval, un être précieux par les services qu'il rend?

Le bœuf, mu par un coup de fouet, tire un lourd chariot, traîne de pesants fardeaux. L'être aux mains de cuivre, aux entrailles de fer, file, peint, brode.

Humanité, tu peux être fière.

L'inventeur de la machine qu'on nomme bœuf s'appelle Dieu.

L'inventeur de l'autre machine, c'est l'homme.

Le Monde est un chemin qui mène vite, mais qui ne mène à rien,

Pourquoi les actes stupides, absurdes ow ridicules émanent-ils souvent d’une autorité composée de plusieurs hommes? C’est que, dans ce cas, l'ignorance ou les passions n'ont pas de responsabilité et peuvent se donner carrière.

Voici comment mon jardinier apprécie le talent des peintres : Un peintre à boutonnière vide, talent nul ;

A une croix, un peu de talent;

A deux eroix, un peu plus de talent ;

A trois croix, beaucoup de talent ;

A quatre croix, excessivement de talent ;

A cinq croix, énormément de talent, ete,

Les modes bizarres ne cesseront que quand des idées plus justes sur la beauté seront plus généralement répandues.

La bizarrerie des modes est la marque la plus certaine de l'ienorance du beau.

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Les siècles sont les vrais juges dans les arts.

Rien n’est facile comme de condamner un auteur absent.

La critique sans discussion n’est souvent qu'une fanfaronnade.

Les critiques ont toujours le tort de ne pas prévoir ce qu'on

peut leur répondre.

Le sot critique à son aise, quand l’auteur n'est pas derrière la

toile.

Je n'admets pas de critique sans discussion.

Critique si tu veux, discute si tu l’oses.

La vivoueur avec laquelle Wiertz a repousse certames attaques a fait dire à ses détracteurs qu'il avait horreur de la critique.

C'était une astucieuse insinuation, imaginée dans lespoir de donner le change.

Loin de regimber contre la critique, Wiertz aime la critique. Des preuves irrécusables de ce que nous avançons seraient faciles à donner. Les hommes compétents savent combien Wiertz est disposé à faire les corrections sages qui lui sont indiquées; nul

n'est plus empressé à profiter d’une juste critique.

Les hommes les plus vains sont aussi ceux qui sont le plus choqués de la vanité des autres.

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Je suppose que vous teceviez au beau milieu du visage le soufflet le mieux conditionné. Si vous êtes homme d'honneur, vous ne riposterez point par un soufflet, comme le ferait un malotru; mais vous contiendrez votre colère, vous résisterez à toutes les tentations qu'inspirent, en pareil moment, la justice, le bon sens et la douleur, ces trois choses qui vous disent si énergiquement : Rends-le. — En homme d'honneur, vous restez donc calme, et, avec ce ton superbe qui révèle le savoirsvivre, vous dites à votre ennemi : Vous m'avez offensé, monsieur, vous m'en rendrez raison, demain..…, à telle heure, etc., ete. Le lendemain, vous retrouvez votre homme, cet homme qui vous a souffleté hier et qui vous tuera peut-être aujourd’hui. Vous le revoyez avec le même calme, le même sang-froid. L'honneur vous commande d’être très-poli envers lui ; il vous a vivement offensé; malgré cela, vous devez encore lui faire un bien grand plaisir, un plaisir qu'il désire ardemment, celui d’exposer votre vie à ses coups.

Ce n’est pas tout; vous savez que votre ennemi est très-adroit et que vous ne l’êtes pas du tout. L’honneur veut également que vous. soyez tué, et vous serez tué. À votre place, un paysan, un bourru vous eût rossé d'importance l'homme au soufflet ; il eût eu l'honneur, à sa manière, de le punir à l’instant même et sans cérémonies. Mais qu'est-ce que cela? C'est commun, c’est mal élevé ; il vaut mieux être offensé et se faire tuer.

Que dire cependant de la conduite toute honorable du monsieur souflleté? Moi, je dis : Cela est bête. Le mot est crû, mais je le crois juste.

Quant à la conduite du donneur de soufflet, qui, fort de son adresse peut-être, brigue la gloire de tuer son homme, celle-là, je la trouve lâche et infime.

Ainsi donc, dans un duel accompli dans toutes les formes que prescrit l'honneur, il peut y avoir bétise et lâcheté.

Si un homme se voit injustement frappé et qu'il veut punir de

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mort l'auteur de l'insulte, j'aime mieux, en pareil cas, qu'il cherche à se venger à l'instant même où l'offense s’est accomplie. S'il arrive que sa main malheureuse, comme elle l'aurait pu être dans un duel, s'est rendue coupable d’un homicide, je veux alors que ect homme, dans la conscience de sa mauvaise action, vienne immédiatement livrer sa tête au glaive de la justice.

Assurément, cette conduite ne serait point louable; mais je suis tenté, moi, d'y trouver, plutôt que dans les duels tels qu'ils se pratiquent, les belles qualités dont se vantent les duellistes, en

tuant avec toutes les formes de la politesse.

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