POUSSIN
« Je ne me serais pas attendu à une décadence semblable. Quand l'art est ainsi à l'agonie, heureux l'artiste qui, brûlant du seul amour de
son art, ose s'opposer à ce torrent impétueux ! » (Voir p. 260.)
Depuis ses premières années jusqu'à sa mort, le culte de Rubens éclate dans les écrits de l'artiste, comme dans sa correspondance, Mais il avait fait des études solides, que d'utiles retards pour le concours de tome, ajourné de 1895 à 1898 et à 1832, avaient prolongées et fortifiées. Les faciles succès de l'école romantique, obtenus au détriment de la science, le blessèrent ; il s'en explique nettement :
« Les succès de tous ces jeunes peintres paraissent ici incroyables,
» écrit-il de Rome à sa mère, parce que l'on juge ici de la peinture » d'une tout autre manière, Les honneurs deviennent #n peu communs
» en Belgique. Je suis d'avis, et tout le monde me le conseille, de n'ex-
» poser publiquement qu'à Paris. Il est plus honorable d'être critiqué
» à Paris que loué en Belgique (1). »
Et ceci n'est point une boutade qui passe. I écrit dans le mème sens à son professeur, qui fut « son père dans la carrière difficile de la peinture » :
« Je vous dirai que pour le moment je suis bien malheureux; je ne
travaille point pour la gloire. J'attends avec impatience l'exposition
) de Paris. I y à R des gens qui ont vu Michel-Ange et Raphaël, et le » gouvernement sait reconnaître les têtes véritablement faites pour » s'élever. Là, quand quelqu'un a fait du Vanloo, on ne lui dit point : » Vous êtes sublime, vous êtes un Rubens; on lui dit tout bonnement : » Mon cher, vous avez fait du Vanloo. Puis, c'est un vaste pays que la
» France, où l'on peut encourager un peintre d'histoire... »
(4) Lettre à sa mère, 26 novembre 1856