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T1 n'avait pas reculé devant les nudités du cadavre de Patrocle ; une commission exige quil les couvre d'une draperie. Il y colle un papier représentant une feuille de vigne dont chaque côte est formée par le mot : nigauds, cent fois répété. On lui refuse d'exposer une toile représentant une femme nue; il dédie une statuette « à l'innocente commission des beaux-arts d'Anvers. »
Le Patrocle du musée Wiertz porte encore aujourd'hui une inscription surmontée du sceau du journalisme parisien : une plume de paon et une carotte.
Enfin, dès l'ouverture du salon de 1839, il avait demandé à un con-
cours de démontrer l'influence pernicieuse du journalisme sur les arts (1).
(1) Ge projet était annoncé déjà dans le Moniteur du 6 septembre 1839, sans que l'auteur de l’article pût y croire autrement qu'à une joyeuseté d'atelier ; i fut réalisé par une lettre du 16 septembre. L'artiste Y disait :
« Voici le sujet à traiter :
» Influence pernicieuse du journalisme sur les arts et sur les lettres
» Or, puisque les écrivains ont la faculté de juger les ouvrages des peintres, il m'a semblé qu'on ne trouverait pas mauvais que les peintres jugeassent à leur tour l'œuvre des écrivains.
» J'ai done résolu de former un jury d'artistes dont je ferai partie.
» Les artistes que je prierai de m'assister de leurs lumières el pour le talent desquels j'ai une haute admiration sont MM. De Keyser, Wappers, Verboeckhoeven, Mathieu, Wauters, Decaisne, Gallait. Le concours sera fermé le 16r janvier 1840. WIERTZ. »
Un seul artiste désigné pour former le jury accepta, les autres furent remplacés,
Six concurrents prirent part au concours. L'un avait écrit en vers ; un autre se présentait avec un drame en 5 actes, où il mettait en scène Wiertz dans sa vicillesse, en 1881, et lui faisait, au dénouement, venger lui-même la presse : « Quelle lecon pour les artistes qui se plaignent de la presse ! »
Deux œuvres seulement furent distinguées par le jury : l'une, publiée dans l'Observateur, dès le 2 octobre, est une fine satire de la question même, où l'on reconnait la plume d’un pseudonyme bien connu, l’auteur du Voyage d’Alfred-Nicolas; elle obtint une mention honorable. L'autre répondait à la question ; c'était la satire du journalisme par un journaliste ; elle obtint le prix. Voici le procès-verbal du jury :
« La commission d'artistes réunis à l'académie des beaux-arts de Louvain, sur l'invitation de M. Wiertz, ont, en séance du 14 mai, lu et examiné les six mémoires sur la question proposée au concours : De l'influence pernicieuse du journalisme sur les àrts et sur les lettres.
» Les membres présents ont décerné à l'unanimité la palme au mémoire présenté par M. Labarre : le tableau du Patrocle, et accordé une mention honorable à l’auteur des lettres adressées à M. Wiertz dans les feuilletons de l'Observateur des 2 et 5 octobre 1839. » Louvain, quatorze mai 1800 quarante.
» (Signé) WiERTZ, L. MATHIEU, CH. VANDER EYCKEN J.-J. BE