‹ Œuvres littérairesChapitre 211 sur 262 · ET UE · texte numérisé non relu

ET UE

» commencé mon tableau, Un inconvénient est venu mettre du retard » dans tout cela. L'atelier que l'on m'avait préparé était trop obscur. » On a dû travailler à faire de nouvelles fenêtres pour me donner un » jour égal et convenable (1). »

C'est alors, enfin, qu'il loue une habitation, la première, la seule

qu'il ait louée (2). Une dame, artiste elle-même, et qui devait lui montrer un grand dévouement, tiendra sa maison et ne le quittera plus (3).

Tout l'automne de l'année 1846 fut consacré à ces soins. Wiertz se casait, dans les premières satisfactions d'une intimité artistique, dans l'exaltation d'une grande entreprise et dans cette existence de travail sain et de repos fortifiant qu'à Rome il avait jugée nécessaire à l'exécution du Patrocle (4). Gette fois, rien ne lui manquait. Il existe un portrait de l'artiste peint par lui-même à cette époque (sept. 1846) : Wiertz à quarante ans; il est dans la force de l'âge et dans la maturité de l'esprit; la gymnastique lui a rendu la santé nécessaire au travail; son front large n'a pas un pli; une peinture vigoureuse anime sa figure, toujours pâle, encadrée dans une chevelure et une barbe noires; son grand œil bleu, doux et profond, a tout son éclat, et son attitude, calme et fière, annonce la plénitude. On peut dire que ce furent les plus beaux mois de sa vie : il créait le Triomphe du Christ.

Mais comment l'artiste est-il parvenu à disposer d'un local assez vaste? On à vu ce que lui a coûté la Æévolte des Enfers. S'il a pu peindre cette grande toile et son nouveau Patrocle dans l'église Saint-André, cela ne lui a pas donné d'atelier. Jusque-Rà, il a erré de ville en ville, cherchant un abri, n'ayant pas même d'appartement qui lui permit de réunir ses petits tableaux dispersés, et laissant partout où il passait ses œuvres, souvent perdues pour lui, et même son chien. Cependant, il n'a pas cessé de préparer de grandes compositions et la Fin du monde et le Triomphe du Christ sont esquis

(1) Lettre à deux dames de Liége.

(2) Le bail est du 2 juin 1846. « Mon atelier étant un peu éloigné qu centre de la ville, j'ai dû me caser du côté de la porte de Hal, (boulevard du Midi, 106). » Lettre du 5 août 1846.

(5) Cette dame a compris le devoir de s’effacer devant une tombe illustre. Nous lui laisserons cette position discrète, tout à fait en rapport avec les vœux de l'artiste.

(4) Voir page 406 un extrait d’une lettre à sa mère.

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