‹ Œuvres littérairesChapitre 216 sur 262 · UE AN · texte numérisé non relu

UE AN

— Le Sommeil de la Vierge.

— Annonce dans les journaux :

« PARALLÈLE entre les tableaux de M. Wierrz et les œuvres de RaApnaEL et de RUBENS.

» Discussion publique ouverte aux critiques tous les jours, de 10 à 5 heures, dans l'atelier de M. Wiertz, quartier Léopold. (1) »

1853. — Faim, folie, crime.

— La Liseuse de romans.

— La Lutte homérique, peinture mate.

— Pensées et visions d'une tête coupée, trvptique, peinture mate,

1854. — L'Inhumation précipitée.

— Le dernier Canon (peinture mate).

— Le Suicide.

1855. — L'Orqueil.

— Les Choses du présent devant les hommes de l'avenir (mat).

— La puissance humaine n'a pas de limites (mat).

1856. — Une seconde après lu mort.

— Le Miroir du diable.

— L'Apothéose de la Reine (esquisse).

1857. — La jeune Sorcière.

1858. — On se retrouve au ciel (grisaille).

— Le Phare du Golgotha (mat).

Publication de l'Éloge de Rubens, couronné à Anvers en 1840.

(V. plus haut, pp. 3 et suiv.)

1859. — Za Chair à canon (mat).

— L'Embuscade (mat).

Publication d’une première brochure sur la peinture mate, (V. pp. 89 el Suiv).

1860. — Un Grand de la terre (mat).

— La Naissance des passions, groupe statuaire. — Le Lion de Waterloo (mat).

1861. — Le Soufflet d'une dame belge (mat).

— Insatiabilité humaine (mat).

— Plus philosophique qu'on ne pense (mal).

— Les luttes, groupe statuaire.

1862. — Ze triomphe de la lumière, groupe statuaire,

(1) La Nation du 2 octobre 1852.

__ En Famille, six grisailles (huile et peinture mate), faites pour illustrer un volume de poésies, publié pour une œuvre de bienfaisance.

— La Confidence.

1863. — Les Orphelins (mat).

— Heureux Temps (mat).

__ Mémoire couronné sur les caractères de la peinture flamande (V. plus haut, pp. 43 et suiv.)

1864. — Une Scène de l'enfer (mat).

— La Civilisation au xIx° siècle (mat).

— Le Bouton de Rose.

1865. — Les partis jugés par le Christ (mat).

— Les partis selon le Christ (mat).

Un autre progrès se montre visiblement dans ces œuvres nouvelles ; il suffit, pour le constater, de suivre par la pensée l'artiste peignant, après la Lutte homérique : le Dernier Canon, la Puissance humaine n’a pas de limites, le Phare du Grolgotha, un Grand de la terre, les Partis jugés par le Christ. On y voit Wiertz devenir de plus en plus coloriste flamand: tous ses efforts tendent à pousser le clair-obscur et la couleur à leur extrême puissance. Le Patrocle se ressent encore des tra-

ditions académiques ; le Zriomphe du Christ est peint dans un coloris et un clair-obscur vigoureux, mais sobres, graves, contenus : Wiertz semble avoir voulu d'abord l'alliance du dessin et de la couleur. Dans ces nouvelles toiles , il incarne une idée philosophique dans une conception pittoresque, en poussant à ses plus audacieuses limites les effets du coloris et du clair-obscur.

Il a opposé l'intelligence à la matière dans le Priomphe du Chuist; cette opposition se retrouve dans Un grand de la terre, avec plus de hardiesse. Ici, c'est un homme, Ulysse, qui représente l'intelligence ; l'artiste l'a placé devant un Polyphème aux dimensions colossales, aux carnations vigoureuses, au moment où le géant se met à dévorer ses compagnons qui cherchent à fuir terrifiés; le héros debout, la main sur son glaive, regarde l'œil du monstre et médite la résistance. Pour ajouter le contraste du coloris au contraste de la taille et de la pose des antagonistes, l'artiste a peint derrière Ulysse un grand feu qui éclaire le monstre et qui ne laisse voir le héros que dans la pénombre, de sorte que cet homme, si petit et peint en noir comme une ombre chinoise, brave le Titan dans tout l'éclat de sa force. L'opposition est

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li mème dans les deux tableaux: mais ici le procédé est nouvean, hardi, puissant.

Le Triomphe du Christ à plusieurs épisodes et le nimbe du cruciié ny répand qu'un pâle rayon. Le Phare du Golgotha n'est qu'un ensemble immense : Des groupes d'esclaves, foucttés par un centurion, sont forcés d'élever la croix qui doit les sauver, tandis que les anges du mal, plus intelligents que les hommes du despotisme, repoussent la croix. Idée nouvelle, profonde, vraie; exécution dont l'unité est demandée au elair-obseur : la tête du Christ, cachée par un nuage, jette sur les esclaves des torrents de lumière ; d'innenses rayons traversent la toile dont ils occupent, pour ainsi dire, tout le premier plan, et le tableau emprunte une vigueur nouvelle à cette hardiesse, unique dans son genre.

La Puissance humaine n'a pas de limites présente un autre effet. L'idée est riante : Un groupe d'adolescents des deux sexes, échappés

aux liens de l'attraction terrestre, s'élève, la main tendue vers les astres.

Au bas, se trouve un groupe qui s'émerveille; an milieu, un enfant lient, comme une balle d'or, un astre entre ses bras et plane sur le dos, dans un raccourci vu des pieds. Une gamme de couleur brillante et douce répond au sujet; le raccourci de l'enfant est hardi, sans effort: la difficulté vaineue y produit la grâce, cest une chose neuve à la fois et une chose charmante; et l'ensemble arrive à l'unité sans que l'artiste ait eu besoin de la grande ressource des noirs profonds, des carnations bronzées et des rayons lumineux. La peinture mate triomphe ici; jamais on n'a tiré du clair-obseur un parti aussi délicat.

La plume de l'artiste, on l'a vu, n'était pas restée imactive. Le mémoire couronné sur les caractères de l'art flamand est son œuvre là plus substantielle. 1 avait écrit aussi sur son procédé deux mémoires, dont un posthume, et il n'avait pas abandonné la polémique. 1 avait composé des pamphlets qu'il affichait dans son atelier (1), et il avait eloué sur la porte du musée une déclaration qui résume toutes ses idées :

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