ANNEE
EPRESQUIS.
L'origine de la peinture murale est très-ancienne: les premiers essais furent des plus grossiers : on ne songe d'abord qu'à des dessins d'ornementation, avant d'essayer de peindre des figures humaines. Quels que fussent les sujets à représenter, une idée dominait sans cesse, celle de soumettre les inventions du peintre aux lignes de l'architecture. Examinez les peintures de Pompéi : tout se plie, S'assouplit, se combine à la courbure du cintre, à l'angle du panneau, à la rondeur de la colonne, Orner, orner seulement, orner toujours, tel était alors le travail constant du pinceau. Le naturel, le vrai, le possible, on n'y songeait point. Le bizarre et le fantastique, mieux que l'objet fait d'après nature, remplissaient le but voulu.
D'âge en âge, cette manière de voir s'est propagée, et
les procédés matériels mêmes se sont continués jusqu'à nos jours.
Si l'on se reporte aux temps reculés, cette facon de
comprendre l'art, ces moyens de lexprimer, tout cela est charmant, naïf, plein de candeur. Les anciens veuleut peindre des murailles, c'est sur la muraille même qu'ils appliquent la couleur. Ils veulent représenter (les hommes, des animaux : ils les représentent avec la Simplicité enfantine de leur époque. Mais pour-quoi vouloir aujourd'hui, dans la peinture à fresque, Finitation du passé? Pourquoi vouloir être naïfs, quand Nous ne pouvons plus l'être; simples, quand nous ne pouvons plus l'être; ignorants, quand nous ne pouvons plus l'être? Quelle grace peut avon: l'âge muür à se donner de petits airs d'enfant?
La naïveté simulée est une grinace, la simplicité sinulée est de la gaucherie, l'ignorance simulée est une faute coupable.
Quoi! le papier est inventé, et vous écrivez sur le Sable! Quoi! la tasse et le verre sont inventés, et vous buvez dans votre main! Quoi! on tisse la laine et le lin, eë vous marchez nus dans la rue! Quoi! la vapeur vous conduit à cent lieues d'ici, et vous allez à pied! Quoi! les arts nouveaux, les sciences nouvelles, les découvertes nouvelles vous tendent la main, et vous la refusez! Quoi! tout se meut, tout grandit, tout progresse autour de vous, et vous ne vous en apercevez pas! Et cette insouciance, cette indifférence, cet aveuglement serait un fait exprès!
Vous êtes poiut naïfs, vous n'êtes point simples, vous n'êtes point candides : vous êtes une insulte aux lumières et aux progrès.
Des hommes d'un talent rare, des hommes de génie ont suroi vers le Nord. Allemagne aujourd'hui oppose des rivaux à Raphaël, à Michel-Ange. Nous avons toujours admiré, dans l'élite des peintres allemands, la pensée pro-