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feu de celui-ci devint plus ardent que l'étincelle qui l'avait allumé !
Si nous voulons voir, par un exemple frappant, où se trouve la supériorité, plaçons le Jugement dernier de Michel-Ange à côté de la Chute des réprouvés (le Rubens.
Ce qui distingue particulièrement le génie du peintre d'Anvers, ce qui le place au-dessus des plus grands maitres dans l’art de composer, c'est, nous l'avons vu, la science avec laquelle il sait, par la seule disposition de l'ensemble, présenter, au premier coup d'œil, l'image vivante de son sujet.
De même que le peintre de la chapelle sixtine, Rubens avait choisi un sujet vaste, terrible, épouvantable. De même que lui, il le composa d’un nombre infini de figures et lui imprima les grandes lignes que comporte l'idée.
I chercha d'abord dans la nature des images capables de présenter à l'esprit cette chute, cette chute épouvantable d'hommes lancés de la hauteur des cieux aux profondeurs des enfers. Il suffit de jeter un coup d'œil sur le tableau pour voir que Rubens puisa sa grande image, son image à la manière d'Homère, dans l'explosion d’un effroyable volcan”.
Les tourbillons de feu et de flammes; les tonnerres, les éclairs; les torrents de laves dévorantes; les scories lancées au ciel; la fumée furieuse et folle; les colères, les rages (les éléments aux prises; les étrangetés furibondes qui se cherchent et se déchirent; les feux qui pétillent, éclatent, tonnent, tombent et disparaissent dans l'abîme :
© Dans son manuscrit envoyé à Anvers, comme il le fit plus tard dans son Mémoire couronné Sur les caractères constitutifs de la peinture flamande, l'artiste avait ajouté des dessins à son texte. I avait placé ici deux dessins, l'un représentant l'explosion d'un volean; l'autre, une esquisse du premier aspect de a Chute des réprouvés.
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cest à ces grandes convulsions de la nature que l'imagination de Rubens s'échauffa; il eut l'art de trouver nonseulement tous les mouvements de lignes qu'il pouvait emprunter à la scène solennelle qu'il se représentait, mais encore les masses imposantes de l'ombre et de la lumière, les effets surprenants du clair-obscur, la magie des tons et des reflets.
Voyons-le à l'œuvre : son premier soin est de tracer la orande masse, la masse des masses, cette silhouette si essentielle à l'expression générale; il lui imprime l’ondulation de l'S, la plus propre aux grands mouvements. Une fois cet ensemble tracé, il distribue tous les objets : les oroupes principaux vers le centre, les moins importants sur les côtés. À la partie la plus élevée du tableau, l'archange Michel poursuit des légions de réprouvés,; la g'erbe de rayons sur laquelle il descend lui donne un mouvement de rapidité étonnante : ce sont les éclairs lancés de la bouche du volcan. Sur le passage de l'ange, d'innombrables groupes s'amoncellent, tombent, reculent, se refoulent en tourbillons nombreux : ce sont les noirs nuages roulant dans l'abime. Parmi ces masses de chairs entassées, on distingue des figures suspendues perpendiculairement les unes sous les autres : c'est l'effet des longs sillons que trace l'horrible pluie de pierres et de scories; iei le choix de l’image est vraiment sublime, en ce qu’elle donne bien l'idée que cette pluie décrite par le pinceau est une pluie d'hommes. Mais au milieu de ce grand ensemble de corps qui roulent dans l’espace, le maître sent la nécessité de rompre la monotonie des lignes perpendiculaires par un mouvement de lignes diagonales : dans ce but, il rassemble des figures à la suite les unes des autres et en forme comme une chaîne dont chaque homme est un chainon : c'est l'effet des trainées de feu
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