CE UNE FOLIE QUE DE PEINDRE POUR LA GLOIRE
Quand on jette les regards vers la voûte des cieux, quand on considère les milliers de mondes qui roulent dans l'espace, quand on songe au pelil grain de sable sur lequel nous rampons, qu'est-ce que l'homme? et puis qu'est-ce que la gloire ?
Bien des gens rient de la gloire, la traitent de chimere. Ces gens ont peut-être bien raison. Mais quand ces philosophes passent leur vie à dicter des lois au monde ou à amasser les dons précieux dela fortune, pensent-ils faire quelque chose de sérieux ? Hélas ! l'atôme qui s'appelle l'homme ne semble naître que pour mourir, et mourir pour grossir de sa poussière le sol qui l’a porté! Tout est chimère !
Ne blmons point ceux qui aiment la gloire : cette chimère n'en vaut-clle pas une autre? et les plus heureux ne sont-ils pas ceux qui savent le mieux se bercer en ce monde des plus douces et des plus nombreuses illusions ?
Admellons qu'il y ait des hommes assez fous pour chercher à porter l'art de la peinture aux dernières limites du possible. Placés au point de vue d'où ils voient les choses, ont-ils tort de se lortifier de tout ce que l'amour de la gloire donne de force, de courage el d'enthousiasme ?
Si nous lisons l'histoire de la Grèce et de Rome, si nous nous reportons äu temps du moyen-âse, quelle passion, en effet, autre que celle de la gloire, sut accomplir dans les arts, dans les sciences, comme dans le métier de la guerre, tant de prodiges qui frappent notre imagination ?
Les temps, hélas ! sont bien changés!
L'amour de la gloire a bien dégénéré, et avec lui la création des grandes choses qu'il sait faire naître !
La civilisation, — cette déesse à la froide raison, aux sentiments secs el compassés, à la recherche de tout ce qui est nécessaire, ulile, sensé, — a Gteint les grandes passions. On rit, on a pitié des héros d'Homère, des chevaliers du moyen-âge, peut-être même de ces héros non moins su-
blimes qui abreuvèrent de leur sang les lions du Colysce.
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