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approuve. Raphaël l'approuva-t-il toujours lui-même? Non : arrivé à l'âge mûr, il abandonnait l'antique, le contour dur, la ligne roide, la forme de marbre ; il deve-
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nait plus moelleux sans être moins ferme, plus lar
être moins beau, plus varié, plus ondulé, sans être moins vrai. Son dessin devenait plus effet, plus elair-obscur, plus couleur, plus Rubens enfin.
rubens, c'est Raphaël continué.
La question de l'alliance du dessin et de la couleur estelle résolue? Non, et nous n'avons pas la prétention de la résoudre ici; tâchons seulement de la débrouiller un peu. D'un côté, les qualités qui constituent le dessin; d'un
autre, les qualités qui constituent la couleur : mettons ces deux choses en regard ; le lecteur décidera lui-même.
Le dessin de Raphaël demande : La couleur de Rubens demande :
Le poli des surfaces. L'inégalité des surfaces.
Le contour pur d'accidents. Le contour avec accidents.
La forme sobre de détails. La forme riche de détails.
Lumière et ombres détachant chaque Lumières et ombres par masses sur les objet. objets.
Effets de lumière simple. Effets piquants, accidentés, pittoresques.
| résulte, par exemple, de fout ceci, que la forme ondulée d'un Hercule est plus propre à la couleur que la orme polie d'une Vénus, le front ridé d'un vieillard que à joue ferme et unie d’une jeune fille, la colonne en ruine
que la colonne foute neuve, un ciel nuageux qu'un ciel sans nuage, un bâton noueux qu'un jone droit et sans fache.
C'est en partant de ce principe que Rubens choisit la orme accidentée, ondoyante, mouvementée: cest en parant de ce principe qu'il obtint : variété de tons où il y à
variété de surfaces, variété de teintes où il v a variété de
détails, variété d'ombre, de lumière, où il y a variété dans les lignes; la couleur enfin, et toujours la couleur.
D'autres raisons encore déterminèrent Rubens dans le choix de son dessin, mais ce que nous venons de dire suffira peut-être pour faire réfléchir les critiques.
Un mot encore :
Une démonstration palpable.
Rappelez-vous le Massacre des innocents de Rubens, et ce soldat que l'on y voit attaqué par une femme qui lui déchire le visage : à l'aspect de ces formes extraordinaires, le critique s'écrie : Quelle exagération ! quelles formes impossibles ! quelles incorrections !
Eh bien! critiques judicieux, ce dessin, ce dessin que vous blâmez est admirable. Ce dessin se meut, il vit, il respire : quelles savantes exagérations ! quelle science! quelle connaissance de l'anatomie! Voyez comme ces muscles agissent! Voyez le deltoïde, voyez le biceps, voyez ces Suppinateurs, voyez ces extenseurs, quelle justesse dans leurs fonctions ! quel mouvement dans leur ensemble! quelle vie dans le tout! quelle vérité enfin dans ces savants mensonses ! et puis quel caractère, quelle énervie, quelle expression! et comme le choix de la forme est propre à la couleur! Voyez aussi cette femme dans son expression de rage : ces bras tordus, ces mains crispées, cette fureur dans les doigts, rien de tout cela n'est fait d'après le modèle, et cela est vrai; rien de tout cela n'est exact, précis, compassé, et cela est juste, juste dans l'attitude, juste dans le mouvement, juste dans l'expression, juste dans le dessin.
Rubens ignorer les proportions! Rubens ignorer l’anatomie ! Rubens maladroit! inhabile à « tirer de l'antique le dur, le terminé, le difficile! -
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